Il existe peu d’exemples, en France comme à l’étranger, de compagnies aériennes détenues par une même famille.
Pour trouver l’unique exemple tricolore, il faut aller en Vendée. C’est à Belleville-sur-Vie, en bordure de La Roche-sur-Yon, que l’aventure démarre au milieu des années 70.
Passionné d’aviation, Jean-Paul Dubreuil fonde alors Air Vendée, la première de ses compagnies aériennes. Elle dessert l’île d’Yeu depuis Nantes et La Roche-sur-Yon, à l’aide d’un petit appareil. C’était une autre époque.
Viendront ensuite Air Caraïbes et French bee.
Une réussite exemplaire dans un milieu ayant connu de nombreux désastres industriels. En juin 2023, la passation de pouvoir entre Jean-Paul Dubreuil et son fils, Paul-Henri Dubreuil, est finalisée.
Pour marquer le coup, le quinquagénaire veut lui aussi constituer son binôme gagnant, comme celui formé par son père et Marc Rochet.
Va alors s’ouvrir une période d’instabilité à la tête du groupe aérien. Une séquence pesante pour des salariés habitués à être encensés par la presse comme appartenant au groupe aérien le plus rentable de France.
Sauf que le vernis donne l’impression de s’effriter un peu.
Paul-Henri Dubreuil a souhaité répondre à notre article traitant de cette période, et apporter ses précisions sur ces trois dernières années, riches en enseignements.
Pour trouver l’unique exemple tricolore, il faut aller en Vendée. C’est à Belleville-sur-Vie, en bordure de La Roche-sur-Yon, que l’aventure démarre au milieu des années 70.
Passionné d’aviation, Jean-Paul Dubreuil fonde alors Air Vendée, la première de ses compagnies aériennes. Elle dessert l’île d’Yeu depuis Nantes et La Roche-sur-Yon, à l’aide d’un petit appareil. C’était une autre époque.
Viendront ensuite Air Caraïbes et French bee.
Une réussite exemplaire dans un milieu ayant connu de nombreux désastres industriels. En juin 2023, la passation de pouvoir entre Jean-Paul Dubreuil et son fils, Paul-Henri Dubreuil, est finalisée.
Pour marquer le coup, le quinquagénaire veut lui aussi constituer son binôme gagnant, comme celui formé par son père et Marc Rochet.
Va alors s’ouvrir une période d’instabilité à la tête du groupe aérien. Une séquence pesante pour des salariés habitués à être encensés par la presse comme appartenant au groupe aérien le plus rentable de France.
Sauf que le vernis donne l’impression de s’effriter un peu.
Paul-Henri Dubreuil a souhaité répondre à notre article traitant de cette période, et apporter ses précisions sur ces trois dernières années, riches en enseignements.
Paul-Henri Dubreuil : "plutôt une coïncidence" qu’une valse des dirigeants
Il a d’abord imaginé que Christine Ourmières-Widener serait la personne idoine, avant de s’en séparer un an plus tard. Puis il a repris les choses en main, avant de s’apercevoir rapidement qu’être le patron de compagnies aériennes est un métier à temps plein, et de nommer Géry Mortreux.
Puis il y eut, à l’été, le départ de Grégory Jamet, le directeur général du groupe Dubreuil Aéro Services.
"Ces départs en si peu d’intervalle peuvent donner l’impression, comme vous l’avez appelé, d’une valse des dirigeants, mais c’est plutôt une coïncidence. Nous avons nommé une nouvelle équipe pour relever de nouveaux challenges.
Après, je peux comprendre que Grégory Jamet ait des aigreurs, et c’est normal.
Mais nous parlons là du sort de 2 000 collaborateurs. L’enjeu est considérable et, pour mener tout cela à bien, la synergie avec le patron du pôle est indispensable. Il s’est passé ce qui peut arriver dans toute entreprise", dédramatise Paul-Henri Dubreuil.
Avant le départ de l'ancien du COHOR, il y eut Christine Ourmières-Widener.
L’ex-patronne de TAP Air Portugal, passée par Air France, a connu une fin de mandat rocambolesque, due notamment à une mauvaise appréciation de la situation et à une centralisation parisienne qui ne plaisait pas à tout le monde.
"Des désaccords avec Christine Ourmières sur la stratégie liée à l’ADN antillais"
"Nous voulions reconstituer le binôme, où je prenais le rôle de mon père et Christine celui de Marc.
Rappelons qu’en 2023, mon père avait 81 ans et Marc Rochet 73 ans. C’était donc la suite logique.
Pour diverses raisons, cela n’a pas matché. Nous sommes tout particulièrement attachés à l’ADN de nos compagnies, notamment Air Caraïbes, qui est une compagnie antillaise, dont le siège est basé aux Antilles et qui possède un ancrage caribéen très, très fort.
Nous avons pu avoir des désaccords avec Christine sur la stratégie liée à cet ADN antillais, comme le positionnement du siège aux Antilles et certaines fonctions qui avaient tendance à revenir à Orly", nous détaille, avec transparence, celui qui est, comme son père, également pilote.
Sans directrice générale, Paul-Henri Dubreuil prend seul en main la destinée du pôle aérien.
S’il connaît le secteur, il découvre alors un nouveau métier, avec son exigence opérationnelle et la nécessité d’en huiler les rouages politiques. Il tiendra le poste pendant 18 mois.
"C’était un peu nouveau, même si je travaille dans le groupe depuis 1994. Je m’occupais jusque-là de la partie distribution.
Je ne suis donc pas un perdreau de l’année. J’ai toujours été administrateur du pôle aérien. Je suis pilote moi-même, passionné d’aviation. Au départ de Christine, j’ai pris cette responsabilité en ayant les directeurs généraux des compagnies sous ma coupe.
Bien que passionnant, c’est un métier énergivore. Je n’ai pas vu passer le temps à la tête de l’entité et ce fut très instructif, même la cinquantaine passée.
J’ai pu rentrer dans le détail de l’entreprise et voir tous les gisements de productivité que nous avons dans notre maison", affirme le quinquagénaire.
L’échange courtois se poursuit, notamment sur l’épisode chaotique du départ de Grégory Jamet.
Car, après Christine Ourmières-Widener, il est le deuxième personnage important à faire les frais de la reprise en main par Paul-Henri Dubreuil.
Jouissant d’un CV flatteur, souvent mis en avant par le dirigeant vendéen, son poste de directeur général du groupe Dubreuil Aéro Services semble rapidement trop étroit pour le principal intéressé, qui siège bien souvent à la droite du patron.
Rappelons qu’en 2023, mon père avait 81 ans et Marc Rochet 73 ans. C’était donc la suite logique.
Pour diverses raisons, cela n’a pas matché. Nous sommes tout particulièrement attachés à l’ADN de nos compagnies, notamment Air Caraïbes, qui est une compagnie antillaise, dont le siège est basé aux Antilles et qui possède un ancrage caribéen très, très fort.
Nous avons pu avoir des désaccords avec Christine sur la stratégie liée à cet ADN antillais, comme le positionnement du siège aux Antilles et certaines fonctions qui avaient tendance à revenir à Orly", nous détaille, avec transparence, celui qui est, comme son père, également pilote.
Sans directrice générale, Paul-Henri Dubreuil prend seul en main la destinée du pôle aérien.
S’il connaît le secteur, il découvre alors un nouveau métier, avec son exigence opérationnelle et la nécessité d’en huiler les rouages politiques. Il tiendra le poste pendant 18 mois.
"C’était un peu nouveau, même si je travaille dans le groupe depuis 1994. Je m’occupais jusque-là de la partie distribution.
Je ne suis donc pas un perdreau de l’année. J’ai toujours été administrateur du pôle aérien. Je suis pilote moi-même, passionné d’aviation. Au départ de Christine, j’ai pris cette responsabilité en ayant les directeurs généraux des compagnies sous ma coupe.
Bien que passionnant, c’est un métier énergivore. Je n’ai pas vu passer le temps à la tête de l’entité et ce fut très instructif, même la cinquantaine passée.
J’ai pu rentrer dans le détail de l’entreprise et voir tous les gisements de productivité que nous avons dans notre maison", affirme le quinquagénaire.
L’échange courtois se poursuit, notamment sur l’épisode chaotique du départ de Grégory Jamet.
Car, après Christine Ourmières-Widener, il est le deuxième personnage important à faire les frais de la reprise en main par Paul-Henri Dubreuil.
Jouissant d’un CV flatteur, souvent mis en avant par le dirigeant vendéen, son poste de directeur général du groupe Dubreuil Aéro Services semble rapidement trop étroit pour le principal intéressé, qui siège bien souvent à la droite du patron.
Paul-Henri Dubreuil : "Non, le groupe ne navigue pas à vue !"
Autres articles
-
Gery Mortreux : construire dans la durée avec Air Caraïbes et French bee [ABO]
-
À cause du kérosène, des annulations en cascade et des faillites ? [ABO]
-
French Bee renforce ses vols vers New York et lance les Maldives et le Sri Lanka
-
Air Caraïbes renforce son programme hivernal entre Paris et les Caraïbes
-
Air Caraïbes - French bee : Paul-Henri Dubreuil et la valse des dirigeants [ABO]
"Comme avec Christine, nous avons eu des désaccords avec Grégory Jamet. Il s’est peut-être imaginé certaines choses et je pense aussi qu’il y a eu une confusion autour de son poste, notamment dans la presse.
Le rôle qu’occupait Grégory, et qu’occupe désormais Laurent Perrier, est de piloter la recette. C’est un poste très stratégique, d’autant plus en ce moment, alors que notre industrie est sous extrême tension en raison des prix du carburant.
Plus globalement, je ne suis pas un coupeur de têtes, sinon cela se saurait dans un groupe qui emploie 7 000 personnes au total,", nous explique-t-il.
L’ancien directeur général adjoint de la maintenance d’Air France arrive donc pour gérer l’opérationnel, quand Paul-Henri Dubreuil aura pour mission d’apporter sa vision stratégique.
Le duo est au complet. Il convient maintenant de reprendre le cap, avec, malgré tout, les trous d’air que génère la guerre en Iran.
"Géry Mortreux nous a rejoints le 15 juillet dernier et je souhaitais qu’il y ait un binôme fort, surtout sur la partie des recettes. C’est pour cela que nous avons recruté Laurent Perrier. Nous avons une équipe de choc.
Je laisse à Géry, les commandes opérationnelles, il arrive avec un solide background et pour sécuriser nos process. Les A350 sont de bons avions, mais il y a quand même toujours des discussions avec Airbus, avec Rolls-Royce, avec les équipementiers, des pannes, des vols de jour comme de nuit, etc.
En revanche, tout ce qui relève de la vision stratégique, de l’ouverture de lignes, des achats ou de la location de nouveaux avions... Toutes ces décisions-là, nous les prenons ensemble.
La famille reste présente. Mon père est toujours au conseil d’administration, tout comme Marc Rochet, et ma sœur, Sophie Jean-Victor, est elle aussi présente.
Quand vous avez écrit que le groupe navigue à vue, je trouve que ce n’est pas vrai", dit-il poliment.
Après avoir balayé le début du mandat de Paul-Henri Dubreuil, nous aborderons, dans un prochain article, les forts vents contraires qui secouent l’industrie aérienne. Le bon élève le restera-t-il encore en 2026 ? Éléments de réponse à venir.
Le rôle qu’occupait Grégory, et qu’occupe désormais Laurent Perrier, est de piloter la recette. C’est un poste très stratégique, d’autant plus en ce moment, alors que notre industrie est sous extrême tension en raison des prix du carburant.
Plus globalement, je ne suis pas un coupeur de têtes, sinon cela se saurait dans un groupe qui emploie 7 000 personnes au total,", nous explique-t-il.
L’ancien directeur général adjoint de la maintenance d’Air France arrive donc pour gérer l’opérationnel, quand Paul-Henri Dubreuil aura pour mission d’apporter sa vision stratégique.
Le duo est au complet. Il convient maintenant de reprendre le cap, avec, malgré tout, les trous d’air que génère la guerre en Iran.
"Géry Mortreux nous a rejoints le 15 juillet dernier et je souhaitais qu’il y ait un binôme fort, surtout sur la partie des recettes. C’est pour cela que nous avons recruté Laurent Perrier. Nous avons une équipe de choc.
Je laisse à Géry, les commandes opérationnelles, il arrive avec un solide background et pour sécuriser nos process. Les A350 sont de bons avions, mais il y a quand même toujours des discussions avec Airbus, avec Rolls-Royce, avec les équipementiers, des pannes, des vols de jour comme de nuit, etc.
En revanche, tout ce qui relève de la vision stratégique, de l’ouverture de lignes, des achats ou de la location de nouveaux avions... Toutes ces décisions-là, nous les prenons ensemble.
La famille reste présente. Mon père est toujours au conseil d’administration, tout comme Marc Rochet, et ma sœur, Sophie Jean-Victor, est elle aussi présente.
Quand vous avez écrit que le groupe navigue à vue, je trouve que ce n’est pas vrai", dit-il poliment.
Après avoir balayé le début du mandat de Paul-Henri Dubreuil, nous aborderons, dans un prochain article, les forts vents contraires qui secouent l’industrie aérienne. Le bon élève le restera-t-il encore en 2026 ? Éléments de réponse à venir.







Publié par Romain Pommier 















