Parions que du 12 au 18 octobre, les allées du Mondial de l’Auto seront copieusement garnies de modèles de voitures dernier cri… et de personnalités politiques.
Entre une R5 électrique, nouvelle star de l’industrie automobile française, et l’appel à acheter tricolore, ministres et candidats à la présidentielle auront à cœur de se mettre en scène pour témoigner de leur soutien à l’industrie française.
Fin septembre, un autre salon, en l’occurrence Batimat, était au cœur de l’actualité. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélechon en passant par Gabriel Attal, ils étaient nombreux à afficher leur soudain amour pour le parpaing et la brique.
En février prochain, c’est un autre défi qui les attendra : battre le record de la plus longue visite au Salon de l’agriculture. A deux mois de l’élection présidentielle, il est certain que les agriculteurs n’auront pas assez de batterie de téléphone pour faire un selfie avec toutes les personnalités attendues !
Dans le sillage d’un Jacques Chirac glouton qui adorait « caresser le cul des vaches » entre un verre de rouge et deux rondelles de saucisson, Emmanuel Macron a placé la barre très haut en 2024 : 12 heures de visite ! Qui fera mieux ?
Entre une R5 électrique, nouvelle star de l’industrie automobile française, et l’appel à acheter tricolore, ministres et candidats à la présidentielle auront à cœur de se mettre en scène pour témoigner de leur soutien à l’industrie française.
Fin septembre, un autre salon, en l’occurrence Batimat, était au cœur de l’actualité. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélechon en passant par Gabriel Attal, ils étaient nombreux à afficher leur soudain amour pour le parpaing et la brique.
En février prochain, c’est un autre défi qui les attendra : battre le record de la plus longue visite au Salon de l’agriculture. A deux mois de l’élection présidentielle, il est certain que les agriculteurs n’auront pas assez de batterie de téléphone pour faire un selfie avec toutes les personnalités attendues !
Dans le sillage d’un Jacques Chirac glouton qui adorait « caresser le cul des vaches » entre un verre de rouge et deux rondelles de saucisson, Emmanuel Macron a placé la barre très haut en 2024 : 12 heures de visite ! Qui fera mieux ?
Pas de défilé politique à l’IFTM
Quant à l’agriculture française, avec ses 673 000 paysans, elle ne pèse plus que 2,1 %. Bien moins que le tourisme, ses deux millions d’emplois directs et indirects et ses 222 milliards d’euros de recettes, soit 8% du PIB.
Pourtant, pas de cohue à l’entrée de l’IFTM il y a deux semaines ; pas de service de sécurité sur les dents… Car le rendez-annuel des professionnels du tourisme n’a attiré aucune personnalité politique de premier plan.
Lire aussi : L'IFTM annonce une fréquentation en hausse de 8,2% en 2026
Serge Papin, le cumulard…
Ah si, pardon ! Serge Papin a inauguré l’événement. Un minimum syndical pour le ministre du tourisme qui, il est vrai, n’a que peu de temps.
N’allez pas croire que j’ironise ! Il lui est difficile de faire mieux tant il cumule les fonctions : tourisme donc mais aussi petites et moyennes entreprises, commerce, artisanat et pouvoir d’achat ; un vrai sacerdoce !
Comme s’il avait récupéré, à lui seul, tout ce que les autres ne voulaient pas ; un cumul de mandats pour éviter un trop grand nombre de ministres sur la photo, à une époque où il est de bon ton de faire croire que l’on fait des économies.
Rappelons au passage que le poste de ministre du tourisme - quand il y en a un – est un peu un strapontin, toujours confié à un parti politique secondaire : les communistes ou radicaux de gauche quand les socialistes l’emportent, les centristes quand c’est la droite… Comme une récompense honorifique pour bons et loyaux services.
N’allez pas croire que j’ironise ! Il lui est difficile de faire mieux tant il cumule les fonctions : tourisme donc mais aussi petites et moyennes entreprises, commerce, artisanat et pouvoir d’achat ; un vrai sacerdoce !
Comme s’il avait récupéré, à lui seul, tout ce que les autres ne voulaient pas ; un cumul de mandats pour éviter un trop grand nombre de ministres sur la photo, à une époque où il est de bon ton de faire croire que l’on fait des économies.
Rappelons au passage que le poste de ministre du tourisme - quand il y en a un – est un peu un strapontin, toujours confié à un parti politique secondaire : les communistes ou radicaux de gauche quand les socialistes l’emportent, les centristes quand c’est la droite… Comme une récompense honorifique pour bons et loyaux services.
Pour Sarkozy et Hollande, le tourisme, çà rapporte !
En 2025, Gabriel Attal avait osé une déambulation à l’IFTM, entre les stands d’Air France et de MSC Croisières, de la SNCF et de Selectour. Une exception !
Cette année encore, les organisateurs l’espéraient. Mais finalement, trop occupé, il est allé voir ailleurs. Quant à ses compétiteurs, ils ne doivent pas savoir pas qu’il existe un salon des professionnels du tourisme en France.
Rien de nouveau à vrai dire. En plus de 35 ans de salon, d’abord Top Resa à Deauville puis l’IFMT à Paris, je ne me souviens pas avoir serré la main d’un candidat à la fonction suprême, d’avoir tendu le micro à un Premier Ministre ; encore moins à un président.
Et de Nicolas Sarkozy à François Hollande, nos ex-présidents ne semblent s’intéresser au tourisme que lorsqu’ils ne sont plus en poste, et grassement payés pour faire le show lors du congrès Selectour.
Lire aussi : François Hollande invité du prochain congrès Selectour
Cette année encore, les organisateurs l’espéraient. Mais finalement, trop occupé, il est allé voir ailleurs. Quant à ses compétiteurs, ils ne doivent pas savoir pas qu’il existe un salon des professionnels du tourisme en France.
Rien de nouveau à vrai dire. En plus de 35 ans de salon, d’abord Top Resa à Deauville puis l’IFMT à Paris, je ne me souviens pas avoir serré la main d’un candidat à la fonction suprême, d’avoir tendu le micro à un Premier Ministre ; encore moins à un président.
Et de Nicolas Sarkozy à François Hollande, nos ex-présidents ne semblent s’intéresser au tourisme que lorsqu’ils ne sont plus en poste, et grassement payés pour faire le show lors du congrès Selectour.
Lire aussi : François Hollande invité du prochain congrès Selectour
Des moyens qui diminuent
Le sujet pourrait passer pour anecdotique. Il témoigne, au contraire, du manque de considération pour le tourisme, depuis toujours, malgré son poids économique et ses emplois non délocalisables.
Certes, il vaut mieux une administration qui dispose de moyens, de hauts-fonctionnaires efficaces plutôt que d’un ministre sans pouvoir, pour avancer. Mais la France dépense de moins en moins pour son tourisme.
Les coupes budgétaires que subissent les comités régionaux et départementaux du tourisme et autres agences d’attractivité depuis quelques années en témoignent.
On pourra, à juste titre, évoquer le millefeuille administratif trop coûteux et une répartition des rôles entre les uns et les autres pas très claire pour justifier ces coupes. Avec, in fine, l’impérieuse nécessité de gérer au mieux les impôts des Français.
Certes, il vaut mieux une administration qui dispose de moyens, de hauts-fonctionnaires efficaces plutôt que d’un ministre sans pouvoir, pour avancer. Mais la France dépense de moins en moins pour son tourisme.
Les coupes budgétaires que subissent les comités régionaux et départementaux du tourisme et autres agences d’attractivité depuis quelques années en témoignent.
On pourra, à juste titre, évoquer le millefeuille administratif trop coûteux et une répartition des rôles entre les uns et les autres pas très claire pour justifier ces coupes. Avec, in fine, l’impérieuse nécessité de gérer au mieux les impôts des Français.
La France bientôt détrônée du podium ?
Mais comment accepter que les régions françaises ne cessent de réduire leurs engagements ? En 2026, leurs dépenses de fonctionnement dans le tourisme atteindront 112 M€, contre 147 millions en 2016 (-24%).
Et les dépenses d’investissements sont stables (107 M€ en 2026 contre 104 en 2016) quand il faudrait mettre les bouchées doubles, dans le numérique, les équipements, la qualité de l’offre ou l’accueil des visiteurs.
S’il n’est pas nécessaire d’être médaillé d’or pour briller, le risque de voir la France perdre sa place de leader mondial du tourisme dans les prochaines années est de plus en plus probable face à des pays qui, au contraire, investissent massivement.
Et les dépenses d’investissements sont stables (107 M€ en 2026 contre 104 en 2016) quand il faudrait mettre les bouchées doubles, dans le numérique, les équipements, la qualité de l’offre ou l’accueil des visiteurs.
S’il n’est pas nécessaire d’être médaillé d’or pour briller, le risque de voir la France perdre sa place de leader mondial du tourisme dans les prochaines années est de plus en plus probable face à des pays qui, au contraire, investissent massivement.
Un secteur qui ne pleurniche pas !
Les optimistes expliqueront que c’est la preuve d’un secteur dynamique qui fonctionne tout seul, qui sait s’organiser par lui-même, sans pleurer et quémander ! Et c’est tant mieux…
La preuve au printemps dernier avec la guerre en Iran, lorsqu’il a fallu rapatrier les Français bloqués au bout monde. Chacun a retroussé ses manches, des agences aux tour-opérateurs.
Et chacun attend encore que l’Etat les indemnise financièrement comme il sait le faire lorsqu’une sécheresse grille les blés ou un orage anéantit les vignes.
Les autres dénonceront le manque de vision à long terme de nos dirigeants, même si Emmanuel Macron a officiellement fixé l’objectif de faire de la France le champion du tourisme durable en 2030.
La preuve au printemps dernier avec la guerre en Iran, lorsqu’il a fallu rapatrier les Français bloqués au bout monde. Chacun a retroussé ses manches, des agences aux tour-opérateurs.
Et chacun attend encore que l’Etat les indemnise financièrement comme il sait le faire lorsqu’une sécheresse grille les blés ou un orage anéantit les vignes.
Les autres dénonceront le manque de vision à long terme de nos dirigeants, même si Emmanuel Macron a officiellement fixé l’objectif de faire de la France le champion du tourisme durable en 2030.
Dans le tourisme, on ne travaille pas, on s’amuse…
Dans les faits, les professionnels n’ont guère de possibilités pour faire entendre leur voix : pas de fumier à déverser devant les préfectures, de palettes à brûler sur le rond-point d’une zone industrielle.
Une grève des agences de voyages n’aurait un impact que modéré ! Et on voit mal les restaurateurs refuser de servir un café gourmand à leurs clients pour défendre leur métier… Et puis de toute façon, c’est bien connu : dans le tourisme, on ne travaille pas, on s’amuse !
Reste une activité de lobbying pour faire passer des messages. Ainsi, à quelques mois de l’élection présidentielle, Alliance France Tourisme (qui regroupe les plus grandes entreprises du secteur) a dévoilé une feuille de route pour les vingt prochaines années.
Lire aussi : Alliance France Tourisme dévoile ses cinq priorités
Une grève des agences de voyages n’aurait un impact que modéré ! Et on voit mal les restaurateurs refuser de servir un café gourmand à leurs clients pour défendre leur métier… Et puis de toute façon, c’est bien connu : dans le tourisme, on ne travaille pas, on s’amuse !
Reste une activité de lobbying pour faire passer des messages. Ainsi, à quelques mois de l’élection présidentielle, Alliance France Tourisme (qui regroupe les plus grandes entreprises du secteur) a dévoilé une feuille de route pour les vingt prochaines années.
Lire aussi : Alliance France Tourisme dévoile ses cinq priorités
« Pas d’argent, mais un cap »
Avec un postulat de base : disposer d’indicateurs économiques fiables. Le récent imbroglio sur le bilan touristique de l’été témoigne des efforts à faire ! Et avec une exigence : « pas d’argent mais un cap, un pilotage politique et un cadre stable », qui résiste aux alternances politiques.
« Il n’est pas interdit de rêver que certains candidats s’intéressent au tourisme » a commenté Dominique Marcel, président de l’organisme, lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière.
L’élection d’un nouveau président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) le 13 octobre devrait aussi inciter le syndicat patronal à prendre plus fortement la parole dans les prochaines semaines.
Lire aussi : L’INSEE contredit-il le bilan de l’été du Ministre ?
« Il n’est pas interdit de rêver que certains candidats s’intéressent au tourisme » a commenté Dominique Marcel, président de l’organisme, lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière.
L’élection d’un nouveau président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) le 13 octobre devrait aussi inciter le syndicat patronal à prendre plus fortement la parole dans les prochaines semaines.
Lire aussi : L’INSEE contredit-il le bilan de l’été du Ministre ?
Un débat sur le tourisme le 1er décembre
De leur côté, la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT), ADN Tourisme, l’Association Nationale des Élus des Territoires Touristiques (ANETT) et Instituts nationaux de tourisme (INNTO France) annonce un « grand oral du tourisme – présidentiel 2027 » le 1er décembre prochain.
« Malgré son poids économique, social et territorial et son caractère profondément transversal, le tourisme demeure encore insuffisamment présent dans les grands débats nationaux et dans les choix stratégiques qui engagent l’avenir du pays » regrette le collectif.
Les candidats seront invités à y présenter leur vision et engagements pour l’avenir du tourisme, de la fiscalité aux vacances pour tous, de la transition écologique à l’innovation…
A la mi-septembre, Gabriel Attal, David Lisnard, Edouard Philippe et Bruno Retailleau avaient confirmé leur participation. Mais on le sait : leurs promesses n’engageront qu’eux-mêmes…
« Malgré son poids économique, social et territorial et son caractère profondément transversal, le tourisme demeure encore insuffisamment présent dans les grands débats nationaux et dans les choix stratégiques qui engagent l’avenir du pays » regrette le collectif.
Les candidats seront invités à y présenter leur vision et engagements pour l’avenir du tourisme, de la fiscalité aux vacances pour tous, de la transition écologique à l’innovation…
A la mi-septembre, Gabriel Attal, David Lisnard, Edouard Philippe et Bruno Retailleau avaient confirmé leur participation. Mais on le sait : leurs promesses n’engageront qu’eux-mêmes…







Publié par Thierry Beaurepère 












