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"C'est aberrant, irréel" : les voyagistes vent debout contre la taxe de 17 % aux Maldives [ABO]

les autorités maldiviennes ont adopté une taxe de 17% sur la marge des prestations terrestres...


C'est un nouveau caillou (encore un !) dans la chaussure des opérateurs de voyages. Les autorités maldiviennes ont adopté une taxe de 17 % sur la marge réalisée par les voyagistes étrangers sur la vente de prestations terrestres. Délai trop court, manque de concertation, complexité de la mise en œuvre de cette mesure... les professionnels du tourisme en France, en Europe, mais aussi dans le monde demande un report ou mieux le retrait pur et simple de ce mécanisme.


Rédigé par le Mardi 29 Septembre 2026 à 07:20

"C'est aberrant, irréel" : les voyagistes vent debout contre la taxe de 17 % aux Maldives - Depositphotos.com wirestock_creators
"C'est aberrant, irréel" : les voyagistes vent debout contre la taxe de 17 % aux Maldives - Depositphotos.com wirestock_creators
C'est encore un dossier pour le SETO, les EDV et l'ECTAA qui est tombé au cœur du mois d'août...

Le gouvernement des Maldives a adopté le mois dernier un élargissement de la Tourism Goods and Services Tax (TGST) aux opérateurs de voyages étrangers.

L’administration fiscale des Maldives, la Maldives Inland Revenue Authority (MIRA), a en effet concocté une nouvelle mesure qui a provoqué un tollé général chez les voyagistes du monde entier.

Elle prévoit de taxer à hauteur de 17 % les producteurs, agences, OTA ou autres entreprises étrangères qui assemblent hébergement, transferts ainsi que d'autres prestations terrestres.

Attention toutefois, la TGST ne sera pas appliquée à l’intégralité du prix du séjour. La base taxable correspond, schématiquement, à ce qu’il reste au tour-opérateur après déduction des sommes versées aux fournisseurs maldiviens. Autrement dit, la taxe porte en quelque sorte sur la marge réalisée par les professionnels sur le séjour.


"C’est totalement irréel, ça n’a aucun sens"

Un procédé qui a fait bondir les tour-opérateurs et les opérateurs de voyages.

« Ils nous demandent d’intégrer dans nos prix une taxe correspondant à 17 % de la marge dégagée sur les prestations terrestres vendues aux Maldives sur un dossier.

Autant dire que c’est incompréhensible, parce qu’on ne connaît pas nos marges avant même d’avoir vendu. De surcroît, nos marges ne s’appliquent pas uniquement au terrestre, mais aussi à l’aérien
» explique Patrice Caradec, président du SETO, quelque peu remonté.

« C’est aberrant, poursuit Hélion de Villeneuve, directeur général d'Austral Lagons. Ils auraient pu augmenter les droits d’entrée, l'e-visa, ou encore la taxe qu’ils appliquent aux hôtels et aux prestations locales. Cela nous aurait automatiquement été répercuté, et cela aurait été beaucoup plus simple. Qu’ils aient besoin d’argent, nous pouvons le concevoir.

Mais là, ils commencent à nous demander de nous inscrire sur un site, de déclarer les marges que nous réalisons sur la destination et, sur ces marges, ils vont prendre 17 %. C’est totalement irréel, ça n’a aucun sens.
»

Le SETO, les EDV et l'ECTAA ont écrit aux services fiscaux aux Maldives

Le SETO, les Entreprises du Voyage et l'ECTAA ont ainsi écrit aux autorités maldiviennes, et aux services fiscaux qui gèrent ce dossier. Un courrier qui est resté lettre morte.

«  Nous leur avons expliqué que leur réglementation est incompréhensible et ne peut pas être mise en place dans ces termes. On ne fait pas ça du jour au lendemain.

Nous leur avons demandé une rencontre pour essayer d’imaginer un autre dispositif.
 » détaille Patrice Caradec qui ajoute : «  C’est complètement dingue : on nous demande d’envoyer les prix d’achat de l’hôtel et les prix de vente de l’hôtel. Mais nous, nous ne vendons pas des hôtels, nous vendons des forfaits. Nous pourrions faire les imbéciles en disant : "Nous ne margeons pas sur l’hôtel, nous margeons que sur le billet d’avion." Ce serait ridicule.  »

Les tour-opérateurs, et producteurs sur les Maldives doivent ainsi s'inscrire sur une plateforme en ligne avant le 30 septembre prochain, ce que refuse en bloc l'ensemble des voyagistes français, selon Patrice Caradec.

«  Nous avons demandé à nos membres quelle était leur position et qui comptait s’inscrire sur la plateforme. Force est de constater que, partout en Europe, il n’y a pas un opérateur qui s’inscrit.  » précise le président du SETO.

La contestation ne se limite toutefois pas aux tour-opérateurs européens

Mobilisée sur le dossier dès la fin août, l'ECTAA continue de faire pression sur les ministres maldiviens des Finances et du Tourisme pour exiger le report urgent de l'échéance du 1er octobre.

L'association déplore une préparation défaillante des autorités locales, incapables d'apporter des réponses claires aux interrogations des professionnels.

Pour Eric Drésin, secrétaire général de l'ECTAA : « Face à une réforme fiscale d’une telle complexité imposée dans des délais intenables, nous maintenons la pression sur les autorités maldiviennes, tout en assurant une coordination active avec nos membres et l'association internationale WTAAA.

Tous les voyagistes et distributeurs travaillant avec les Maldives dénoncent une charge administrative disproportionnée et des risques manifestes de double imposition. On ne peut pas être plus clair.
»

En effet, la contestation ne se limite pas aux tour-opérateurs français. En Inde, par exemple, l’Outbound Tour Operators Association of India (OTOAI) a également demandé au gouvernement maldivien de revoir et de retirer cette disposition, selon Travel Trade Journal.

En Allemagne, le Deutscher Reiseverband (DRV) plaide pour un report de la mesure. L’organisation souligne que la base légale n’a été adoptée que le 31 août, pour une entrée en vigueur prévue dès le 1er octobre, alors que les tour-opérateurs commercialisent et tarifent leurs programmes plusieurs mois à l’avance.

Au Royaume-Uni, l’Association of British Travel Agents (ABTA) est également montée au créneau. L’association professionnelle a écrit directement au président des Maldives pour demander le report d’au moins six mois de l’application de la nouvelle taxe, afin de permettre une véritable concertation.

Les hôteliers maldiviens inquiets

Cette fronde internationale s'est matérialisée lors d'une réunion organisée par le gouvernement le 15 septembre dernier. Selon TTG Asia, environ 800 représentants du secteur y ont participé. Les professionnels présents ont notamment demandé davantage de temps pour consulter l'industrie et examiner les modalités du dispositif.

À l'autre bout de la chaîne, les hôteliers maldiviens sont également inquiets, et demandent au gouvernement de revoir leur copie. Le risque : que les professionnels du voyage délaissent l'archipel au profit d'autres destinations.

«  C'est une taxe que nous ne sommes pas capables d'appliquer dans nos prix.

Nous allons finir par dire qu'il vaut mieux ne pas envoyer de clients aux Maldives... Ce n'est pas la solution, mais c'est ce qui leur pend au nez, parce qu'à l'arrivée cela devient catastrophique.
 » conclut en guise d'avertissement le président du SETO.

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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Tags : ectaa, edv, maldives, seto, taxe
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