logo DestiMaG  




Tahiti et ses Îles veut faire de la basse saison « une saison d'abondance »

Tahiti Tourisme repense sa stratégie pour la prochaine décennie


Après trois années de fréquentation record, 2026 restera une année de transition pour la Polynésie française, du fait de la réduction du parc hôtelier pour rénovations, mais aussi de la guerre en Iran. Pour Tahiti Tourisme, c’est aussi le moment de préparer la décennie suivante, avec un objectif majeur : mieux répartir les flux de visiteurs sur l’année et entre les différents archipels. Une stratégie construite en accord avec la population locale. TourMaG fait le point avec Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme.


Rédigé par le Jeudi 15 Octobre 2026 à 07:27

Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme : « Nous travaillons actuellement sur notre stratégie touristique à horizon 2035 » - Photo : AB
Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme : « Nous travaillons actuellement sur notre stratégie touristique à horizon 2035 » - Photo : AB
En 2025, la Polynésie française a attiré pratiquement autant de touristes qu’elle ne compte d’habitants. Pour la 3e année consécutive, Tahiti et ses Îles a pulvérisé son record de fréquentation.

En 2026, le topo sera un peu différent. « C'est une année de transition avec 18% du parc hôtelier qui est en rénovation majeure. Les chiffres montrent aussi un léger ralentissement de la fréquentation sur le début d'année, en partie lié au conflit au Moyen-Orient.

Nous avons ressenti cet attentisme, tandis que les professionnels du tourisme étaient occupés à refaire les résas du Moyen-Orient
», nous explique Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme.

Néanmoins, avec une hausse des réservations en dernière minute, la haute saison s’annonce « plutôt bonne » s’avance prudemment la DG, soulignant tout de même « un retour de la saisonnalité vraiment marqué ».

Lire aussi : La Polynésie Française bat son record touristique en 2025

Attirer davantage de visiteurs de novembre à mars

Si Tahiti Tourisme se réjouit de ces signaux encourageants, l’organisme en charge du marketing de la destination Tahiti Et Ses Îles espère aussi transformer l’essai durant la basse saison, de novembre à mars.

« Nous travaillons actuellement sur notre stratégie touristique à horizon 2035. Notre volonté est de poursuivre le développement d’un tourisme plus durable et plus inclusif. Et cela passe par un meilleur remplissage en moyenne et basse saison », ajoute la DG.

En effet, selon Tahiti Tourisme, sur le marché français, certaines périodes affichent aujourd'hui des niveaux de réservation tels qu'il peut être nécessaire d'anticiper son voyage jusqu'à un an. L’organisme souhaite donc faire évoluer le regard porté sur la basse saison, en la présentant comme une « saison de l'abondance », durant laquelle la nature change de visage : végétation foisonnante, floraisons, profusion de fruits, etc.

Une période également rythmée par de grands événements culturels - Hawaiki Nui Va'a, Hura Tapairu, Festival Tatau, Matari'i i Ni’a -, offrant davantage de disponibilités et des tarifs plus favorables. « Matari'i i Ni’a, dans le calendrier des Polynésiens, est une période très importante. C'est la saison de l'abondance. L'abondance des fruits. L’abondance des couleurs.

Hawaiki Nui Va'a est une grande course de pirogues, Hura Tapairu un concours de danse polynésien. On trouve aussi le festival du tatouage à la même période
», énonce Vaihere Lissant.

La destination entend également inciter les voyageurs à découvrir un plus grand nombre d'îles.

Des campagnes seront développées autour de ces deux objectifs, complétées par un nouveau programme de formation des spécialistes de Tahiti destiné aux agents de voyages, acteurs essentiels de la prescription sur le marché français (voir encadré plus bas).

« Il y a un vrai travail narratif et de marketing à faire autour de cette période. Nous sommes en train d’y travailler.

Alors, bien sûr, le climat est plus chaud et plus humide, mais c'est là où toute la nature explose. Matari'i i Ni’a, l'année dernière, est devenu pour la première fois, un jour férié, parce qu'il y a une vraie volonté de mettre l'accent sur la culture.

Sur le front de mer à Papeete, un défilé de chars fleuris a été organisé le 20 novembre. Sur toutes les îles, il y a des fêtes pour célébrer ce qu’on pourrait qualifier de "Noël Polynésien"
», poursuit Vaihere Lissant.

Les Polynésiens au cœur de la stratégie touristique

Mais ce développement ne se fera pas au détriment des Polynésiens. « Nous voulons garder la population au centre de ce développement touristique, explique la DG.

Depuis plusieurs mois, avec notre ministère de tutelle, nous menons des concertations avec les 24 îles, nous écoutons les différentes parties prenantes, les élus communaux, les professionnels du tourisme sur place, la population, les associations pour l'environnement, pour la culture, etc.

L'idée, c'est vraiment de collecter leur vision du tourisme à horizon 2035. Je le répète, nous voulons vraiment que la population soit actrice de son développement touristique, parce qu’au-delà de notre patrimoine naturel magnifique, ce qui retient l'attention de nos visiteurs, c'est l'hospitalité polynésienne. D’où l’importance de s'assurer que le développement touristique reste au bénéfice d'abord des habitants, même avant celui des visiteurs
».

2027, le retour des capacités

L’année 2027 marquera le retour sur le marché de plusieurs établissements hôteliers rénovés (le Te Moana à Tahiti, le Sofitel à Moorea et les Conrad et Intercontinental à Bora Bora) et l'arrivée de nouvelles capacités dans la croisière avec le Wind Spirit, deuxième navire Windstar à partir de mars, la mise en service de l'Aranoa aux côtés de l'Aranui ou encore du Na Hiro E Pae pour les Australes.

« Souvent la croisière est associée aux gros paquebots, au surtourisme, aux rejets, etc. En Polynésie, depuis 15 ans, nous cherchons à attirer des bateaux de taille adaptée à nos infrastrutures ; 80% de nos escales se font sur des bateaux de moins de 600 passagers.

Les plus gros bateaux - de plus de 3 600 passagers - qui traversent le Pacifique, ne peuvent faire des arrêts techniques dans trois îles. L’avantage des bateaux plus petits, c’est qu’ils vont rester basés à l'année et réaliser des itinéraires multi-îles.

Ils permettent de mieux répartir les flux et l'impact économique sur les différents archipels. D’autant plus que la haute saison de la croisière correspond à notre base saison
», précise Vaihere Lissant.

Quant à la partie aérienne, la Polynésie est desservie depuis la France par Air Tahiti Nui, Air France et French Bee. « Nous disposons d’un véritable réseau, qui permet de rendre notre destination accessible », commente la DG de Tahiti Tourisme, qui n’en oublie pas pour autant les marchés émergents.

« À partir de décembre s'ouvre la ligne Sydney - Papeete, assurée par Air Tahiti Nui, qui va nous permettre de diversifier nos marchés, notamment sur l’axe Pacifique. C'est important, parce que nous dépendons beaucoup des États-Unis et de la France, et nous voudrions saisir des opportunités dans le Pacifique, mais aussi en Asie, notamment quand on voit la Chine et sa capacité à évoluer ».

Ces projets et ce nouvel élan seront au cœur du prochain Parau Parau Tahiti, rendez-vous entre professionnels polynésiens et tour-opérateurs internationaux, prévu en février 2027.

Le Programme Spécialiste de Tahiti fait peau neuve

Tahiti Tourisme a repensé son Programme Spécialiste de Tahiti, qui comprend désormais un système de progression avec trois niveaux : Bronze, Silver et Gold.

Cette nouvelle logique doit permettre aux professionnels de « progresser à leur rythme à travers différents parcours d’apprentissage et d’accéder progressivement à des avantages dédiés tels qu’une meilleure visibilité, des contacts privilégiés, des invitations à des voyages de familiarisation (FAM trips) ou encore des opportunités de co-marketing », précise Tahiti Tourisme.

Le nouveau programme intègre également un tableau de bord permettant le suivi des leads, des réservations et des performances. « Les professionnels pourront bénéficier d’une meilleure visibilité sur leur activité, tandis que Tahiti Tourisme pourra suivre précisément les parcours, les engagements et les tendances de marché afin d’adapter ses actions », précise l’OT.

La plateforme a également été développée selon une approche mobile-first, garantissant une expérience fluide et homogène sur ordinateur, tablette et smartphone.

Lancée le 10 août dernier, la plateforme est progressivement enrichie avec de nouvelles fonctionnalités et contenus jusqu’à la fin de l’année.


Lu 393 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus












































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias
/****************** *** OCTOBRE ROSE ** ******************/