Réchauffement climatique : "C’est toute l’offre touristique qui serait menacée" selon Benjamin Crettenand, du Réseau action climat - Crédit photo : généré par l'IA
En 2026, le monde entier a redécouvert le réchauffement climatique.
Après l’élection de Donald Trump, la planète avait connu un important backlash écologique (retour de bâton). Le président américain a sorti son pays des accords de Paris et interdit des mots comme "changement climatique", "décarbonation", "durabilité" ou "transition énergétique" dans les recherches scientifiques des chercheurs américains.
Paradoxalement, le mois d’août 2026 a été le plus chaud de l’histoire à l’échelle mondiale et l’hiver ne s’annonce guère mieux, avec le phénomène El Niño surnommé "Godzilla".
Face à cela, la France se trouve en première ligne. Après les incendies XXL et les vagues de chaleur, notre territoire est désormais confronté à une sécheresse inquiétante.
Dernièrement, c’est le Finistère qui a tiré la sonnette d’alarme face à un risque de pénurie d’eau en l’absence de pluie dans les prochains jours, avec des coupures désormais probables.
Et ces phénomènes climatiques ne sont pas sans impact sur notre industrie touristique ni sur notre patrimoine culturel.
"Nous sommes partis du constat que, d’une part, le changement climatique transforme déjà nos territoires et nos paysages. Mais nous avons décidé de faire un petit pas de côté, en nous apercevant que le patrimoine culturel n’échappe pas à ses conséquences.
Les aléas climatiques, de plus en plus fréquents et intenses, comme les inondations, les sécheresses, les fortes chaleurs, etc., affectent déjà les monuments, les collections, les lieux de mémoire ou les savoir-faire.
Et certains sites font face à un risque quand même imminent, comme les châteaux de Chambord et d’Azay-le-Rideau", explique Benjamin Crettenand, chargé de sensibilisation au changement climatique et auteur du rapport "Vingt sites menacés par le changement climatique".
Après l’élection de Donald Trump, la planète avait connu un important backlash écologique (retour de bâton). Le président américain a sorti son pays des accords de Paris et interdit des mots comme "changement climatique", "décarbonation", "durabilité" ou "transition énergétique" dans les recherches scientifiques des chercheurs américains.
Paradoxalement, le mois d’août 2026 a été le plus chaud de l’histoire à l’échelle mondiale et l’hiver ne s’annonce guère mieux, avec le phénomène El Niño surnommé "Godzilla".
Face à cela, la France se trouve en première ligne. Après les incendies XXL et les vagues de chaleur, notre territoire est désormais confronté à une sécheresse inquiétante.
Dernièrement, c’est le Finistère qui a tiré la sonnette d’alarme face à un risque de pénurie d’eau en l’absence de pluie dans les prochains jours, avec des coupures désormais probables.
Et ces phénomènes climatiques ne sont pas sans impact sur notre industrie touristique ni sur notre patrimoine culturel.
"Nous sommes partis du constat que, d’une part, le changement climatique transforme déjà nos territoires et nos paysages. Mais nous avons décidé de faire un petit pas de côté, en nous apercevant que le patrimoine culturel n’échappe pas à ses conséquences.
Les aléas climatiques, de plus en plus fréquents et intenses, comme les inondations, les sécheresses, les fortes chaleurs, etc., affectent déjà les monuments, les collections, les lieux de mémoire ou les savoir-faire.
Et certains sites font face à un risque quand même imminent, comme les châteaux de Chambord et d’Azay-le-Rideau", explique Benjamin Crettenand, chargé de sensibilisation au changement climatique et auteur du rapport "Vingt sites menacés par le changement climatique".
France : "Nous alertons sur le fait que le patrimoine est menacé"
L’idée du rapport de Réseau Action Climat, long de 40 pages, est de montrer ce qui est déjà à l’œuvre : l’impact tangible du changement climatique, à travers une sélection de 20 sites répartis partout en France, et pas seulement dans l’Hexagone.
Il s’agit aussi de se projeter sur les risques à venir, qui pèseront sur le patrimoine français, indispensable au rayonnement de la destination France.
Pour dresser un constat complet, Benjamin Crettenand a également donné la parole à des expertes et experts du patrimoine culturel.
"Nous ne prédisons pas la disparition de ces sites, mais nous alertons sur le fait que le patrimoine culturel, qui apparaît parfois comme immuable, est menacé par les conséquences d’un changement climatique qui va vite et qui, malheureusement, s’aggrave.
L’enjeu est plutôt d’alerter sur la nécessité d’anticiper pour s’adapter, et de mieux connaître les vulnérabilités de notre patrimoine", estime le rapporteur.
A lire : Réchauffement climatique, intempéries... Quel tourisme en 2100 ?
Parmi les 20 sites étudiés, nous retrouvons le château de Versailles, le musée du Louvre, mais aussi le canal du Midi, le Montenvers, la citadelle de Bonifacio ou encore le cimetière colonial des Raisins Clairs.
Des lieux et des bâtiments construits, il y a parfois plusieurs siècles, et parfois bien avant la révolution industrielle.
D’ailleurs, l’excellente série documentaire d’Arte "Fuck la planète" rappelle que, dès le XIXe siècle, alors que l'exploitation des mines s'intensifie, des scientifiques s’interrogeaient déjà sur l’impact de ces épaisses fumées noires sur notre climat.
"Ce sont des lieux, des bâtiments qui, pour la plupart, ont été construits à une époque où l’on n’avait pas forcément conscience de ce changement climatique, soit parce qu’il n’était pas encore à l’œuvre pour certains d’entre eux, soit parce que l’on n’avait pas encore conscience de l’ampleur des dégâts pour d’autres.
Aujourd’hui, nous faisons face à des changements d’une vitesse et d’une ampleur que nous n’avons jamais connues dans notre histoire moderne.
Et donc, nous nous retrouvons avec des bâtiments qui ne sont pas forcément préparés à cela. Au-delà de ça, nous avons aussi perdu, petit à petit, une certaine culture du risque", déplore Benjamin Crettenand.
Il s’agit aussi de se projeter sur les risques à venir, qui pèseront sur le patrimoine français, indispensable au rayonnement de la destination France.
Pour dresser un constat complet, Benjamin Crettenand a également donné la parole à des expertes et experts du patrimoine culturel.
"Nous ne prédisons pas la disparition de ces sites, mais nous alertons sur le fait que le patrimoine culturel, qui apparaît parfois comme immuable, est menacé par les conséquences d’un changement climatique qui va vite et qui, malheureusement, s’aggrave.
L’enjeu est plutôt d’alerter sur la nécessité d’anticiper pour s’adapter, et de mieux connaître les vulnérabilités de notre patrimoine", estime le rapporteur.
A lire : Réchauffement climatique, intempéries... Quel tourisme en 2100 ?
Parmi les 20 sites étudiés, nous retrouvons le château de Versailles, le musée du Louvre, mais aussi le canal du Midi, le Montenvers, la citadelle de Bonifacio ou encore le cimetière colonial des Raisins Clairs.
Des lieux et des bâtiments construits, il y a parfois plusieurs siècles, et parfois bien avant la révolution industrielle.
D’ailleurs, l’excellente série documentaire d’Arte "Fuck la planète" rappelle que, dès le XIXe siècle, alors que l'exploitation des mines s'intensifie, des scientifiques s’interrogeaient déjà sur l’impact de ces épaisses fumées noires sur notre climat.
"Ce sont des lieux, des bâtiments qui, pour la plupart, ont été construits à une époque où l’on n’avait pas forcément conscience de ce changement climatique, soit parce qu’il n’était pas encore à l’œuvre pour certains d’entre eux, soit parce que l’on n’avait pas encore conscience de l’ampleur des dégâts pour d’autres.
Aujourd’hui, nous faisons face à des changements d’une vitesse et d’une ampleur que nous n’avons jamais connues dans notre histoire moderne.
Et donc, nous nous retrouvons avec des bâtiments qui ne sont pas forcément préparés à cela. Au-delà de ça, nous avons aussi perdu, petit à petit, une certaine culture du risque", déplore Benjamin Crettenand.
"Ce qui est inquiétant : nous avons une mauvaise connaissance des risques"
C’est le cas, par exemple, de Saint-Malo, dont une partie de la ville a été bâtie en gagnant du terrain sur la mer. Sauf qu’à cette époque, le niveau était plus bas.
Or, les protections existantes sur lesquelles repose la cité corsaire ne sont pas toujours adaptées aux événements qui se produisent depuis quelques années, ni sans doute à ceux à venir.
Ce n’est pas tout. Le cas du Montenvers est le plus criant.
En l’espace de 140 ans, la fonte a entraîné un recul du glacier de 2 kilomètres et une perte de 220 mètres d’épaisseur. Il est désormais nécessaire de descendre 550 marches pour atteindre le glacier depuis la sortie de la télécabine.
Toujours au sujet de la mer de glace, qui porte de plus en plus mal son nom, la grotte permettant de se balader à l’intérieur du glacier est menacée de fermeture d’ici trois à cinq ans... faute de glace !
"Quand on travaille sur ces sujets, il y a une forme d’inquiétude, même si nous ne voulons pas être alarmistes. Néanmoins, nous nous apercevons qu’il existe une assez grande vulnérabilité de ces sites.
La chose sans doute la plus inquiétante, c’est que nous avons finalement une assez mauvaise connaissance de ces risques et de ces vulnérabilités.
Après, l’objectif du rapport est plutôt de montrer que tout n’est pas perdu et que tout ne va pas disparaître demain non plus.
En revanche, il est nécessaire d’agir et d’anticiper ces menaces, d’une part pour s’adapter et anticiper les dégradations qui pourraient avoir lieu, et d’autre part pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre afin d’en limiter les impacts", affirme le chargé de sensibilisation au changement climatique du Réseau Action Climat.
Il faut bien comprendre que si le rapport se focalise sur 20 lieux, les sites menacés sont bien plus nombreux en France.
D’ailleurs, le Centre des monuments nationaux avait publié en septembre dernier une étude révélant que l’ensemble de ses 110 sites étaient "fortement exposés" aux aléas climatiques, surtout dans une France à +4 °C.
"Le patrimoine culturel est très largement menacé partout en France. Et cela commence aujourd’hui, comme c’est le cas avec la déconstruction du phare de la Coubre, déjà annoncée en janvier 2025 par la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique, qui en a la gestion.
Une décision prise pour éviter qu’il ne s’effondre en raison du recul du trait de côte.
Il n’existe pas de hiérarchie des menaces. En revanche, il y a certains événements auxquels il est très difficile, voire impossible, de se préparer, comme les inondations ou le recul du trait de côte.
Puis vous avez le problème des fortes chaleurs, que nous retrouvons partout en France et qui vont fragiliser les collections, mais aussi présenter des risques sanitaires pour les humains.
Car, au-delà de la menace qui pèse sur les bâtiments, nous faisons aussi face à des risques sur les conditions de visite et de travail", énumère le rapporteur.
Or, les protections existantes sur lesquelles repose la cité corsaire ne sont pas toujours adaptées aux événements qui se produisent depuis quelques années, ni sans doute à ceux à venir.
Ce n’est pas tout. Le cas du Montenvers est le plus criant.
En l’espace de 140 ans, la fonte a entraîné un recul du glacier de 2 kilomètres et une perte de 220 mètres d’épaisseur. Il est désormais nécessaire de descendre 550 marches pour atteindre le glacier depuis la sortie de la télécabine.
Toujours au sujet de la mer de glace, qui porte de plus en plus mal son nom, la grotte permettant de se balader à l’intérieur du glacier est menacée de fermeture d’ici trois à cinq ans... faute de glace !
"Quand on travaille sur ces sujets, il y a une forme d’inquiétude, même si nous ne voulons pas être alarmistes. Néanmoins, nous nous apercevons qu’il existe une assez grande vulnérabilité de ces sites.
La chose sans doute la plus inquiétante, c’est que nous avons finalement une assez mauvaise connaissance de ces risques et de ces vulnérabilités.
Après, l’objectif du rapport est plutôt de montrer que tout n’est pas perdu et que tout ne va pas disparaître demain non plus.
En revanche, il est nécessaire d’agir et d’anticiper ces menaces, d’une part pour s’adapter et anticiper les dégradations qui pourraient avoir lieu, et d’autre part pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre afin d’en limiter les impacts", affirme le chargé de sensibilisation au changement climatique du Réseau Action Climat.
Il faut bien comprendre que si le rapport se focalise sur 20 lieux, les sites menacés sont bien plus nombreux en France.
D’ailleurs, le Centre des monuments nationaux avait publié en septembre dernier une étude révélant que l’ensemble de ses 110 sites étaient "fortement exposés" aux aléas climatiques, surtout dans une France à +4 °C.
"Le patrimoine culturel est très largement menacé partout en France. Et cela commence aujourd’hui, comme c’est le cas avec la déconstruction du phare de la Coubre, déjà annoncée en janvier 2025 par la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique, qui en a la gestion.
Une décision prise pour éviter qu’il ne s’effondre en raison du recul du trait de côte.
Il n’existe pas de hiérarchie des menaces. En revanche, il y a certains événements auxquels il est très difficile, voire impossible, de se préparer, comme les inondations ou le recul du trait de côte.
Puis vous avez le problème des fortes chaleurs, que nous retrouvons partout en France et qui vont fragiliser les collections, mais aussi présenter des risques sanitaires pour les humains.
Car, au-delà de la menace qui pèse sur les bâtiments, nous faisons aussi face à des risques sur les conditions de visite et de travail", énumère le rapporteur.
Réchauffement climatique : "C’est toute l’offre touristique qui serait menacée"
Vous l’aurez compris, face à un réchauffement climatique non maîtrisé et à l’absence de solutions d’adaptation, c’est toute l’industrie touristique qui pourrait se retrouver impactée.
"On sait que nos monuments font partie intégrante de l’attractivité touristique de la France. Et, derrière les châteaux de la Loire, le Louvre, etc., c’est l’offre touristique qui serait menacée.
Car des bâtiments dégradés, fermés ou offrant des conditions de visite beaucoup moins confortables, voire inacceptables, cela pourrait avoir un impact sur l’attractivité touristique de la France, alors que l’on connaît l’importance de ce secteur pour notre pays", affirme-t-il.
Il devient donc indispensable de mieux connaître les risques, de les cartographier et d’anticiper ce qui pourrait se produire.
"Certains gestionnaires de sites nous disent qu’ils ne sont pas préparés face aux aléas climatiques, si jamais un événement survient.
Il faut à la fois mieux connaître ces risques-là et mieux les anticiper. Cela passera par l’entretien des bâtiments, des équipements, mais aussi par la préparation de plans d’urgence.
Si, demain, un musée fait face à une inondation, il faut être capable de réagir. Les équipes doivent savoir quoi faire pour mettre en sécurité les visiteurs, les œuvres, et aussi se mettre elles-mêmes en sécurité.
Donc l’adaptation passera par la formation des équipes, afin qu’elles soient en mesure d’agir,", conseille Benjamin Crettenand.
"On sait que nos monuments font partie intégrante de l’attractivité touristique de la France. Et, derrière les châteaux de la Loire, le Louvre, etc., c’est l’offre touristique qui serait menacée.
Car des bâtiments dégradés, fermés ou offrant des conditions de visite beaucoup moins confortables, voire inacceptables, cela pourrait avoir un impact sur l’attractivité touristique de la France, alors que l’on connaît l’importance de ce secteur pour notre pays", affirme-t-il.
Il devient donc indispensable de mieux connaître les risques, de les cartographier et d’anticiper ce qui pourrait se produire.
"Certains gestionnaires de sites nous disent qu’ils ne sont pas préparés face aux aléas climatiques, si jamais un événement survient.
Il faut à la fois mieux connaître ces risques-là et mieux les anticiper. Cela passera par l’entretien des bâtiments, des équipements, mais aussi par la préparation de plans d’urgence.
Si, demain, un musée fait face à une inondation, il faut être capable de réagir. Les équipes doivent savoir quoi faire pour mettre en sécurité les visiteurs, les œuvres, et aussi se mettre elles-mêmes en sécurité.
Donc l’adaptation passera par la formation des équipes, afin qu’elles soient en mesure d’agir,", conseille Benjamin Crettenand.
"L’adaptation a ses limites, nous devons réduire notre impact sur le climat"
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Si s’adapter coûtera toujours moins cher que l’inaction, cela ne sera pas suffisant face aux menaces de disparition qui pèsent sur certains sites patrimoniaux.
"L’adaptation a ses limites, car les capacités d’adaptation sont très inégales selon les structures. Tous les sites, notamment les plus petits, n’ont pas forcément les moyens humains, financiers, techniques, ni simplement les connaissances nécessaires pour anticiper.
L'adaptation seule ne suffira pas. Plus le réchauffement augmente, plus certaines mesures deviennent coûteuses ou moins efficaces. En parallèle, il est nécessaire de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Notre message est de dire que nous devons prendre le chemin de la réduction de notre impact sur le climat. Nous n’avons pas le choix si nous voulons aussi protéger notre patrimoine culturel", estime le rapporteur.
A lire : Canicule : le tourisme sous pression climatique
"L’adaptation a ses limites, car les capacités d’adaptation sont très inégales selon les structures. Tous les sites, notamment les plus petits, n’ont pas forcément les moyens humains, financiers, techniques, ni simplement les connaissances nécessaires pour anticiper.
L'adaptation seule ne suffira pas. Plus le réchauffement augmente, plus certaines mesures deviennent coûteuses ou moins efficaces. En parallèle, il est nécessaire de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Notre message est de dire que nous devons prendre le chemin de la réduction de notre impact sur le climat. Nous n’avons pas le choix si nous voulons aussi protéger notre patrimoine culturel", estime le rapporteur.
A lire : Canicule : le tourisme sous pression climatique






Publié par Romain Pommier 













