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Antilles françaises : aérien, hébergement, marchés… les clés pour préserver leur attractivité ! [ABO]

L’aérien, toujours le nerf de la guerre


Les Antilles françaises terminent 2026 sur une dynamique plutôt favorable, portée par une demande solide, le renforcement des liaisons aériennes et une diversification des marchés. Mais derrière ce tableau positif, les situations restent contrastées selon les îles et les destinations. En 2027, l’enjeu sera autant de remplir les avions et les hôtels que d’augmenter les retombées économiques pour les territoires.


Rédigé par le Mardi 13 Octobre 2026 à 07:22

Préservées des principales tensions géopolitiques, les Antilles ont tiré leur épingle du jeu en 2026. @depositphotos/s4visuals
Préservées des principales tensions géopolitiques, les Antilles ont tiré leur épingle du jeu en 2026. @depositphotos/s4visuals
Les Antilles françaises ont continué à tirer leur épingle du jeu en 2026. En Martinique, la fréquentation avait progressé de 4 % en 2025, avec plus d’un million de visiteurs. À fin juillet 2026, le Comité martiniquais du tourisme (CMT) comptabilisait déjà « un peu plus de 700 000 visiteurs », avec une progression d’environ 1,8 % sur le séjour, indique son président Alexandre Ventadour.

Lire aussi : Martinique : Alexandre Ventadour vise 1,3 million de touristes à cinq ans

En Guadeloupe, les derniers chiffres consolidés disponibles font état de plus de 750 000 touristes de séjour en 2025, en hausse de 4 %. En incluant les croisiéristes, la fréquentation atteignait 1,2 million de visiteurs, pour 800 millions d’euros de retombées économiques selon le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG).

Chez les tour-opérateurs, le constat est également plutôt positif, même si les performances varient fortement d’une destination à l’autre.


Les Antilles françaises toujours très présentes chez les TO

Pour Exotismes, les Antilles françaises restent les destinations phares de la production. La Guadeloupe représente 18 % du chiffre d’affaires du voyagiste et la Martinique 15 %. La République dominicaine arrive à 16 %, tandis que La Réunion pèse également 15 %.

« Les Antilles reviennent très fort chez nous en prises de réservations », constate Nelson De Almeida, responsable commercial France d’Exotismes. Un retour qu’il explique notamment par le caractère français de la destination. « C’est la France, cela rassure les voyageurs », souligne-t-il.

Le TO constate notamment une demande importante sur les villas. Plus d’une cinquantaine d’adresses sont proposées entre la Martinique et la Guadeloupe. Une offre qui répond à une demande des particuliers, mais que le voyagiste entend aussi valoriser auprès des agences.

Exotismes travaille parallèlement sur la maîtrise du budget, avec davantage de formules tout compris et le lancement de sa Garantie Sérénité. Cette dernière permet notamment de bloquer le prix et, selon les conditions de l’offre, d’annuler sans frais jusqu’à 15 jours avant le départ.

« L’idée est de pouvoir proposer à la clientèle française un budget maîtrisé dès la réservation », explique Nelson De Almeida.

Le voyagiste a également enrichi sa production avec des circuits immersifs en Martinique et en Guadeloupe, organisés autour d’un même hébergement et accompagnés d’un chauffeur-guide local.

Lire aussi : Exotismes mise sur le tout compris et la flexibilité !

Une Caraïbe aux performances plus contrastées

La dynamique ne doit toutefois pas être généralisée à l’ensemble de la Caraïbe. Chez Turquoise, Éric Thomas observe des situations très différentes selon les destinations.

« La Jamaïque a connu un gros cyclone, qui a complètement stoppé les ventes », explique-t-il.

La République dominicaine, elle, repart progressivement. « Grâce au retour des vols Air France , on a de nouveau un peu plus de ventes, poursuit-il. Pendant trois ans, il n’y a plus eu de vol Air France, donc le contracting est devenu compliqué. »

Pour le spécialiste, cette situation illustre directement le poids de l’aérien dans les performances commerciales des destinations caribéennes.

Le retour de la capacité aérienne permet donc au marché de reprendre des couleurs, y compris sur les resorts. « Même si notre ADN est plutôt de favoriser les boutique-hôtels, les resorts en République dominicaine représentent malgré tout une part importante de nos ventes », précise Éric Thomas.

L’aérien, toujours le nerf de la guerre

Cette dépendance à l’aérien est également au cœur de la stratégie des Antilles françaises. En Martinique, Alexandre Ventadour ne le cache pas : « Le nerf de la guerre, c’est vraiment l’aérien ». Le CMT travaille donc avec les compagnies et l’aéroport Martinique Aimé-Césaire afin de consolider les lignes existantes et d’en développer de nouvelles.

La France hexagonale reste le premier marché de la Martinique, représentant environ 70 % de la clientèle. Le Canada est désormais le troisième marché, avec environ 10 % des touristes, porté par les liaisons vers Montréal, Toronto et Québec.

La Guadeloupe suit une trajectoire similaire de diversification. En 2026, le CTIG a renforcé son ouverture vers le Canada avec Air Canada et Air Transat, tout en bénéficiant d’une exploitation renforcée des vols Air France depuis Paris-Charles-de-Gaulle.

La destination veut également profiter de sa connexion avec Miami pour capter davantage de clientèle américaine. Le trafic depuis les États-Unis progresse de 8 % sur un an selon le CTIG, tandis que le Canada affiche une hausse de 25 %.

L’Europe constitue un autre relais. Le CTIG fait état d’une progression de 32 % du nombre de voyageurs en provenance d’Europe, avec notamment une hausse de 66 % des réservations au départ de l’Europe du Nord sur la période avril 2026-mars 2027.

Guadeloupe : élargir les marchés et les expériences

Pour Maïté Marie-Antoinette, directrice du développement des marchés de la demande au CTIG, 2026 a ainsi été « particulièrement riche », avec « une accélération significative » de la stratégie de diversification des marchés et de renforcement de l’accessibilité.

La Guadeloupe prépare également une nouvelle étape avec la liaison Pointe-à-Pitre-Panama City, programmée du 11 décembre 2026 au 5 mars 2027. Une ouverture que le CTIG considère comme une porte d’entrée vers l’Amérique latine, notamment grâce au partenariat entre Air France et Copa Airlines.

Mais la stratégie ne consiste pas uniquement à chercher de nouveaux marchés. « Notre aspiration est de mieux répartir la fréquentation touristique au sein de l’ensemble de l’archipel », explique Maïté Marie-Antoinette.

Derrière la nouvelle signature « Les Îles de Guadeloupe », le CTIG cherche ainsi à valoriser la diversité des territoires : Basse-Terre, Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et Les Saintes.

Le message est clair : ne plus vendre uniquement une destination balnéaire, mais une collection d’expériences. Randonnée, nature, patrimoine, gastronomie, activités nautiques ou découverte des îles doivent contribuer à augmenter la durée et surtout les dépenses sur place.

Une montée en gamme qui passe aussi par l'hébergement

L’hébergement reste néanmoins un point clé. En Martinique, Alexandre Ventadour estime que « la structure d’hébergement n’est pas à la hauteur » de l’ambition affichée à cinq ans. Le CMT vise 1,3 million de touristes à cet horizon, contre environ un million actuellement, tout en soulignant la nécessité d’accompagner cette croissance par les infrastructures et les capacités d’accueil.

Le développement hôtelier est donc au cœur des perspectives martiniquaises, avec plusieurs projets annoncés ou à l’étude.

En Guadeloupe, la montée en gamme constitue également un axe de travail du CTIG, qui accompagne les établissements dans leur classement et le déploiement de labels comme Destination d’Excellence ou Tourisme & Handicap.

Sur le terrain, certains établissements misent plutôt sur la différenciation que sur le volume. Au Relais du Moulin, hôtel 4 étoiles de Sainte-Anne, Gwal Latré revendique ainsi une petite structure familiale, composée de bungalows installés autour d’un moulin historique.

« Nous essayons vraiment de conserver le côté authentique, l’esprit hôtel de charme », explique-t-elle. L’établissement, réservé aux clients à partir de 14 ans, a connu « une belle année » 2026, avec « une belle arrière-saison ».

Faire dépenser davantage plutôt qu’accueillir à tout prix

Le sujet du volume s’accompagne désormais de celui de la valeur. En Martinique, Alexandre Ventadour pose directement la question : « Une fois que le touriste est chez nous, comment le faire dépenser ? »

Le CMT souhaite notamment développer l’artisanat, la culture, l’événementiel et les activités touristiques afin de multiplier les occasions de consommation sur place.

Même logique en Guadeloupe, où le CTIG souhaite augmenter les retombées économiques générées par les visiteurs en favorisant la consommation d’activités et de services locaux.

La croisière s’inscrit dans cette recherche de valeur. En Guadeloupe, le CTIG revendique une stratégie de croissance maîtrisée plutôt qu’une course au nombre d’escales. La saison 2026-2027 conserve des opérations avec Costa, MSC et Ambassador, tandis que le segment luxe et ultra-luxe se renforce avec notamment Explora III, Four Seasons Yachts et Orient Express.

En Martinique, Alexandre Ventadour rappelle que la croisière avait généré 20 millions d’euros de retombées économiques en 2025. Il met également en avant son rôle dans les rotations aériennes, la Martinique étant une tête de ligne pour certains navires.

Pour 2027, les Antilles disposent donc de plusieurs leviers : renforcer les capacités aériennes, conquérir de nouveaux marchés, développer l’offre hôtelière et multiplier les expériences.


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