En septembre 2024, Air France annonce fièrement le lancement d'une nouvelle ligne.
Direction les Philippines et plus précisément Manille, située à 15 h 10 de vol en moyenne de Paris, du fait de l'interdiction de survol de la Russie. Un allongement du temps de vol qui rogne sur la rentabilité de la ligne et la productivité des personnels embarqués dans l'A350-900.
Pour remédier à cela, dès octobre 2025, un avenant à l'accord collectif PNC portant sur la période 2023-2028 est signé entre la direction et les organisations syndicales.
Car ce document courant jusqu’en 2028 ne permet pas la programmation de vols au-dessus de 15h, à l’exception des vols vers la Chine, la Corée et le Japon, dont le temps de vol est majoré par l’évitement du survol de la Russie.
Le document permettait de traiter la desserte de la capitale des Philippines à part des autres vols de cette durée, notamment vers les destinations asiatiques les plus éloignées de Paris, en matière de temps de repos et de fréquence des rotations.
Une disposition exceptionnelle qui permet sans doute d'améliorer la rentabilité de la route, alors que sa fréquence n'est que de trois vols par semaine. La ville qui n'était jusque-là desservie depuis l'Europe que par KLM, selon le site Presse Agence.
Cette exemption a couru jusqu'au 31 mars 2026. Air France a pu temporairement prolonger la ligne via un accord dérogatoire, nous explique la direction. La route a finalement été suspendue entre mai et octobre 2026.
Son retour était annoncé pour le 19 octobre 2026, mais elle n'est finalement pas réapparue dans le réseau pour l'hiver 2026-2027.
Direction les Philippines et plus précisément Manille, située à 15 h 10 de vol en moyenne de Paris, du fait de l'interdiction de survol de la Russie. Un allongement du temps de vol qui rogne sur la rentabilité de la ligne et la productivité des personnels embarqués dans l'A350-900.
Pour remédier à cela, dès octobre 2025, un avenant à l'accord collectif PNC portant sur la période 2023-2028 est signé entre la direction et les organisations syndicales.
Car ce document courant jusqu’en 2028 ne permet pas la programmation de vols au-dessus de 15h, à l’exception des vols vers la Chine, la Corée et le Japon, dont le temps de vol est majoré par l’évitement du survol de la Russie.
Le document permettait de traiter la desserte de la capitale des Philippines à part des autres vols de cette durée, notamment vers les destinations asiatiques les plus éloignées de Paris, en matière de temps de repos et de fréquence des rotations.
Une disposition exceptionnelle qui permet sans doute d'améliorer la rentabilité de la route, alors que sa fréquence n'est que de trois vols par semaine. La ville qui n'était jusque-là desservie depuis l'Europe que par KLM, selon le site Presse Agence.
Cette exemption a couru jusqu'au 31 mars 2026. Air France a pu temporairement prolonger la ligne via un accord dérogatoire, nous explique la direction. La route a finalement été suspendue entre mai et octobre 2026.
Son retour était annoncé pour le 19 octobre 2026, mais elle n'est finalement pas réapparue dans le réseau pour l'hiver 2026-2027.
Air France : qu'est-il advenu de la ligne Paris-Manille ?
L'avenant ratifié en octobre 2025 prévoyait surtout de resserrer le rythme des rotations des équipages. Celles-ci devaient s'effectuer sur cinq jours consécutifs, contre sept ou huit pour ce genre de ligne, comme c'est le cas pour le Japon ou la Chine.
Ainsi, le repos en escale diminuait mécaniquement, ce qui permettait d'améliorer la performance économique de la route. Cependant, cet avenant a pris fin le 31 mars 2026.
Une mesure exceptionnelle doit le rester pour les syndicats PNC d'Air France, qui craignent que l'exception devienne, à force, la règle. Fin août 2026, les organisations syndicales sont convoquées pour traiter du problème de la ligne Paris-Manille.
Selon l'UNAC, qui était l'unique syndicat non signataire de l'avenant initial parmi les cinq représentatifs, la direction avance que la "rentabilité de cette ligne était fragile et que sa reconduction n'était nullement acquise", notamment sans le renouvellement de l'avenant à l'accord collectif.
L'organisation précise que le texte est présenté à la va-vite.
L'UNSA PNC affirme de son côté que la direction a tout simplement reproposé le même accord, prévoyant donc de réduire le temps de repos en escale à 48 heures.
Une pratique réservée aux trajets dont la durée est comprise entre 13 h 01 et 15 h, ce qui devait être le cas avant la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine.
Les syndicats doivent ainsi reconsidérer l'accord, censé entrer en vigueur dans… "seulement 10 jours", poursuit l'UNSA. Le délai d'examen est donc très court. L'UNAC parle de seulement quelques jours, tandis que le SNGAF affirme n'avoir eu que 24 heures pour donner son accord.
Commentaire de la direction d'Air France :
"Air France confirme qu’elle cessera dans les semaines qui viennent sa liaison vers Manille. Cette suspension fait suite à la non-signature d’un accord dérogatoire permettant d’assurer cette route, dont les vols retours excèdent 15 heures de vol.
Les clients disposant d’une réservation seront remboursés ou transférés sur des vols assurés par d’autres compagnies. Air France regrette cette situation."
Les clients disposant d’une réservation seront remboursés ou transférés sur des vols assurés par d’autres compagnies. Air France regrette cette situation."
Air France : pourquoi les syndicats n'ont pas voté en faveur de l'avenant pour la ligne vers Manille ?
En bloc, à l'exception de l'UNPNC-CFDT, tous les syndicats s'opposent au renouvellement de l'accord.
La route vers Manille ne reprendra pas et disparaît du réseau d'Air France pour l'hiver 2026-2027, ce qui hypothèque grandement une reprise ultérieure de la liaison.
Le temps de réflexion très court n'est pas la seule raison de la désapprobation syndicale.
L'UNSA rappelle que les PNC sont confrontés pour la deuxième fois à une "demande d'avenant pour l'exploitation d'une ligne non cadrée. Ce dernier est demandé jusqu'à la fin de l'accord en cours (2028), dérogeant donc en cumulé à quasiment la moitié du temps de notre accord".
Les quatre organisations non signataires dénoncent une exception qui tend à devenir la norme. Elles demandent pourquoi une dérogation devrait être accordée à Manille et pas aux autres lignes.
Elles s'interrogent aussi sur la stratégie de la direction, quand la rentabilité d'une route dépend uniquement de la réduction du temps d'escale des PNC. D'ailleurs, l'UNAC souligne que toutes les minutes ne semblent pas se valoir.
Ainsi, pour quelques minutes de vol, parfois moins de cinq, toute amélioration serait refusée par la direction, qui se réfère à la grille prévue par l'accord collectif. En revanche, les 10 minutes au-delà des 15 heures sur Manille justifieraient une exemption.
Pour les syndicats, la souplesse serait donc toujours exigée des seuls PNC.
Des pistes de réflexion ont bien été proposées sur les temps d'arrêt en escale, la construction des rotations et une révision de l'approche globale des vols extra-longs, pour que les efforts consentis sur certaines lignes soient compensés sur d'autres. Mais la direction aurait balayé d'un revers de manche toutes les propositions.
La route vers Manille ne reprendra pas et disparaît du réseau d'Air France pour l'hiver 2026-2027, ce qui hypothèque grandement une reprise ultérieure de la liaison.
Le temps de réflexion très court n'est pas la seule raison de la désapprobation syndicale.
L'UNSA rappelle que les PNC sont confrontés pour la deuxième fois à une "demande d'avenant pour l'exploitation d'une ligne non cadrée. Ce dernier est demandé jusqu'à la fin de l'accord en cours (2028), dérogeant donc en cumulé à quasiment la moitié du temps de notre accord".
Les quatre organisations non signataires dénoncent une exception qui tend à devenir la norme. Elles demandent pourquoi une dérogation devrait être accordée à Manille et pas aux autres lignes.
Elles s'interrogent aussi sur la stratégie de la direction, quand la rentabilité d'une route dépend uniquement de la réduction du temps d'escale des PNC. D'ailleurs, l'UNAC souligne que toutes les minutes ne semblent pas se valoir.
Ainsi, pour quelques minutes de vol, parfois moins de cinq, toute amélioration serait refusée par la direction, qui se réfère à la grille prévue par l'accord collectif. En revanche, les 10 minutes au-delà des 15 heures sur Manille justifieraient une exemption.
Pour les syndicats, la souplesse serait donc toujours exigée des seuls PNC.
Des pistes de réflexion ont bien été proposées sur les temps d'arrêt en escale, la construction des rotations et une révision de l'approche globale des vols extra-longs, pour que les efforts consentis sur certaines lignes soient compensés sur d'autres. Mais la direction aurait balayé d'un revers de manche toutes les propositions.
Air France : 150 recrutements en CDI s'envolent
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Et l'UNSA PNC de résumer cet épisode : "une négociation ne doit pas se résumer à une heure de chantage à l'embauche au détriment de la sécurité des vols, et donc des PNC !"
Car les organisations représentant les stewards et hôtesses ont bien demandé des chiffres pour connaître les enjeux de cette ligne, comme le montant des économies nécessaires à sa rentabilité ou le poids des autres ajustements possibles afin de la pérenniser.
À chaque fois, la direction n'aurait apporté ni précision ni chiffrage.
Elle a même prétendu que le recrutement de 150 PNC en CDI serait hypothéqué en cas de refus du renouvellement de l'avenant par les syndicats.
Sauf que le 14 octobre dernier, le compte rendu de la Commission économique, emploi et formation précisait pourtant "qu'aucun calendrier ni volume d'embauches en CDI n'était fixé à ce stade pour 2027", selon l'UNAC, qui dénonce un chantage à l'emploi.
Alors, la direction a-t-elle essayé de tester l'union syndicale et voulu dessiner les contours de ses nouvelles exigences dans le cadre des négociations à venir du nouvel accord collectif ? C'est une éventualité.
Pour l'UNAC et les autres organisations, qui affirment pourtant être favorables au développement du réseau de la compagnie, il est temps de sortir de cette logique de dérogations successives.
D'ailleurs, cette même organisation a demandé au directeur général adjoint des ressources humaines la réouverture des négociations annuelles obligatoires de 2026, afin qu'elles prennent en compte l'évolution de l'inflation provoquée par la flambée des cours du pétrole.
Depuis la prise en main par Ben Smith, Air France connait une sorte de paix sociale, il ne faudrait pas que dans ce contexte très particulier pour l'aérien, la compagnie française redevienne le volcan qu'elle a parfois été.
Car les organisations représentant les stewards et hôtesses ont bien demandé des chiffres pour connaître les enjeux de cette ligne, comme le montant des économies nécessaires à sa rentabilité ou le poids des autres ajustements possibles afin de la pérenniser.
À chaque fois, la direction n'aurait apporté ni précision ni chiffrage.
Elle a même prétendu que le recrutement de 150 PNC en CDI serait hypothéqué en cas de refus du renouvellement de l'avenant par les syndicats.
Sauf que le 14 octobre dernier, le compte rendu de la Commission économique, emploi et formation précisait pourtant "qu'aucun calendrier ni volume d'embauches en CDI n'était fixé à ce stade pour 2027", selon l'UNAC, qui dénonce un chantage à l'emploi.
Alors, la direction a-t-elle essayé de tester l'union syndicale et voulu dessiner les contours de ses nouvelles exigences dans le cadre des négociations à venir du nouvel accord collectif ? C'est une éventualité.
Pour l'UNAC et les autres organisations, qui affirment pourtant être favorables au développement du réseau de la compagnie, il est temps de sortir de cette logique de dérogations successives.
D'ailleurs, cette même organisation a demandé au directeur général adjoint des ressources humaines la réouverture des négociations annuelles obligatoires de 2026, afin qu'elles prennent en compte l'évolution de l'inflation provoquée par la flambée des cours du pétrole.
Depuis la prise en main par Ben Smith, Air France connait une sorte de paix sociale, il ne faudrait pas que dans ce contexte très particulier pour l'aérien, la compagnie française redevienne le volcan qu'elle a parfois été.







Publié par Romain Pommier 














