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Air Austral-Corsair : pour 350 briques... t'as plus rien ! 🔑

350 millions d'euros ont été dépensés par l'Etat et les investisseurs depuis 2020


AprĂšs une crise sanitaire mondiale et (presque) 3 plans de restructuration et un nouveau de sauvetage, Corsair et Air Austral sont toujours fauchĂ©es ou presque. Le Gouvernement a mis la main Ă  la poche Ă  hauteur de 270 millions... pour rien. En effet, le transporteur rĂ©unionnais est dans une situation critique et Corsair, qui refait la manche auprĂšs de Bercy, a dĂ©sormais la tĂȘte sur le billot europĂ©en.


Rédigé par le Lundi 12 Février 2024 à 00:05

Air Asustral et Corsair : 350 millions d'euros ont été dépensés par l'Etat et les investisseurs depuis 2020 crédit photo : Depositphotos @studiostoks
Air Asustral et Corsair : 350 millions d'euros ont été dépensés par l'Etat et les investisseurs depuis 2020 crédit photo : Depositphotos @studiostoks
Pour ceux qui ne connaissent pas le film "Pour cent briques, t'as plus rien
", voici un petit résumé.

Paul et Sam partagent le mĂȘme appartement.

En galùre, les deux hommes ont besoin d'argent et ne trouvent rien de mieux que de
 braquer une banque.

Ils vont donc simuler la mort de l’un d'eux, tuĂ© par son ami, pour obtenir une rançon de 8 millions de francs. Nous sommes dans les annĂ©es 80.

En 2024, les morts annoncĂ©es, les difficultĂ©s de trĂ©sorerie et le butin sont toujours lĂ . L’intrigue est intacte.

Seul changement au générique : Gérard Jugnot et Daniel Auteuil ont laissé leurs rÎles à Joseph Bréma (Air Austral) et Pascal de Izaguirre (Corsair) qui ont plutÎt bien endossé le costume.

Avec l’inflation, les 8 millions de francs sont devenus 270 millions d’euros ! C’est la faute Ă  l’euro, qu’ils disent, et malgrĂ© le versement de la rançon, nos protagonistes sont toujours dans la dĂšche !

Voici une nouvelle production de la super Compagnie des Outre Mer.


« Pas de panique, c'est un hold-up... »*

Petit coup d'Ɠil dans le rĂ©tro de la R5. Prenez votre calculette.

D’un cĂŽtĂ©, un bilan a Ă©tĂ© renforcĂ© de 136,8 millions d'argent public. De l'autre, 136,9 millions ont Ă©tĂ© consentis pour des reports en tout genre : impĂŽts et factures de fournisseurs ou encore les aĂ©roports ou la caisse de retraite des pilotes.

A ce pactole, rajoutons pour faire bon poids bonne mesure, les 50 millions dĂ©posĂ©s par les nouveaux actionnaires d’Air Austral et les 30 pour ceux de Corsair. Au total, nous arrivons Ă  plus de 350 millions d’euros !

Dans notre nouvelle version de « Pour 100 briques t’as plus rien, » nous avons ajoutĂ© un nouveau personnage au casting.

Il s'agit de Christine Ourmieres-Widener (Groupe Dubreuil) qui, Ă  dĂ©faut d’obtenir une compensation ou des chĂšques en blanc de la part de l’Etat, est bien dĂ©cidĂ©e Ă  envoyer au tapis au moins l'une de ses concurrentes, voire les deux.

La patronne d'Air Caraïbes est excédée de voir les deux compÚres bénéficier d'autant de libéralités dans une sorte de tonneau des Danaïdes sans fond, à moins que le rocher de Sisyphe convienne mieux comme métaphore ?

Car malgrĂ© les millions injectĂ©s, l’Etat va devoir de nouveau renflouer lesdites entreprises. Ce sera (sans doute) le cas de Corsair.

Concernant Air Austral, les actionnaires sont, eux, appelés à leurs responsabilités. Mais Bruno Le Maire ne pourra rien faire.

« Pourquoi tu dis... pas de panique ? »*

VoilĂ  oĂč nous en sommes.

A l’aube de la date anniversaire des 4 ans de la crise sanitaire et aprĂšs quasiment 3 plans de restructuration, un accompagnement par le CIRI et des tours de table successifs
 on revient Ă  la case dĂ©part.

Et cette fois-ci on ne pourra pas accuser la conjoncture. Le secteur a connu une sacré embellie, portée par une flambée des prix des billets entre demande soutenue et tarifs trÚs supérieurs à ceux de 2019.

Bref, les compagnies ont globalement retrouvé des bilans excédentaires avec des bénéfices proches de ceux réalisés avant la pandémie


D’ailleurs, pour nombre d’observateurs, « si en 2023 tu n’as pas fait d’argent, c’est Ă  se demander quand tu en gagneras... »

Et c’est un peu le fond du problùme : pour l'ex-compagnie de TUI France, les exercices positifs se comptent sur les doigts d’une main (4), entre 2004 et 2019.

Quant Ă  la balance des rĂ©sultats nets elle atteint, excusez du peu, la modique somme de - 496 millions d’euros !

« Je te rappelle que c’est un jouet
 »*

De l’autre cĂŽtĂ© du globe, Air Austral affiche une balance positive de +53 millions d’euros. A noter qu’il manque 5 bilans au tableau.

La survie de ces entreprises qui devraient, dans un contexte normal avoir fait l'objet d'une procédure collective, tient à leur mission de service public et au contexte politique de la desserte ultramarine.

C'est vrai pour Air Austral mais aussi pour Corsair, dirigée par un énarque, soutenue par un ancien Président de la République, épaulée par un homme fort de Guadeloupe et un administrateur, ancien ministre


GrĂące Ă  son entregent et Ă  ses appuis, Pascal de Izaguirre a Ă©vitĂ© le pire, mĂȘme si ses rivaux dĂ©noncent le comportement border line de la compagnie en ce qui concerne les BENU (les billets payĂ©s d'avance), ce que conteste l'intĂ©ressĂ© (cf infra).

Air Austral n'est pas logĂ©e Ă  meilleure enseigne Ă  en croire le rapport d’AĂ©rogestion.

b[A lire :
Pascal de Izaguirre (Corsair) : "Nous n'avons pas dilapidĂ© de magot !" 🔑

Cette trésorerie virtuellement excédentaire explique comptablement les "excédents" des transporteurs qui vivent à crédit sur les billets achetés d'avance.

Une sorte de pyramide dont l'escalade devient de plus en plus périlleuse...

A lire : Air Austral : les raisons de la spirale infernale 🔑

* Les sous-titres sont tirés du film



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