On connaissait les émissions de CO2 de l’aviation et leur impact sur le réchauffement climatique. Il faut désormais compter sur les traînées de condensation, ces lignes blanches laissées par les avions dans le ciel.
Le sujet était au cœur d’un second colloque organisé à l’Assemblée Nationale le 21 septembre, regroupant élus, experts et professionnels, notamment de chez Airbus, Thalès ou encore Air France.
« Ce sujet demeure encore méconnu mais commence à être mis en lumière » a rappelé Christine Arrighi députée écologiste de Haute-Garonne et co-présidente du Groupe d’Etudes Aéronautique et Espace, lors d’une conférence de presse organisée en marge du colloque.
Tout en regrettant qu’il ait été longtemps mis sous le tapis alors que connu des scientifiques. « Nous pouvons être pionniers sur le sujet. L’an dernier, l’heure était au constat. Il faut désormais passer à la pratique, à l’échelle européenne puis mondiale. Il faut un engagement collectif, avec un pilotage de l’Etat » ajoute-t-elle.
Le sujet était au cœur d’un second colloque organisé à l’Assemblée Nationale le 21 septembre, regroupant élus, experts et professionnels, notamment de chez Airbus, Thalès ou encore Air France.
« Ce sujet demeure encore méconnu mais commence à être mis en lumière » a rappelé Christine Arrighi députée écologiste de Haute-Garonne et co-présidente du Groupe d’Etudes Aéronautique et Espace, lors d’une conférence de presse organisée en marge du colloque.
Tout en regrettant qu’il ait été longtemps mis sous le tapis alors que connu des scientifiques. « Nous pouvons être pionniers sur le sujet. L’an dernier, l’heure était au constat. Il faut désormais passer à la pratique, à l’échelle européenne puis mondiale. Il faut un engagement collectif, avec un pilotage de l’Etat » ajoute-t-elle.
Retarder de dix ans le réchauffement climatique lié à l’aviation
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Concrètement, les vapeurs d’eau et suies de combustion des avions forment des gouttes qui gèlent, formant des traînées qui persistent dans l’atmosphère et contribueraient au réchauffement climatique à un niveau similaire aux émissions de CO2 de l’aviation.
Pour sensibiliser le grand public, les pouvoirs publics et faire progresser les transporteurs, Christine Arrighi peut s’appuyer sur un nouveau rapport de Klima Consulting, commandé par l’ONG T&E (Transport & Environnement).
« Il conclut que les preuves scientifiques sont désormais suffisamment robustes. En évitant en partie la formation de ces traînées, on pourrait retarder de dix ans le réchauffement climatique lié à l’aviation » assure Jérôme du Boucher, directeur adjoint aviation de l’ONG basée à Bruxelles.
Lire aussi : Pourquoi la hausse des taxes du transport aérien est nécessaire à sa décarbonation
Pour sensibiliser le grand public, les pouvoirs publics et faire progresser les transporteurs, Christine Arrighi peut s’appuyer sur un nouveau rapport de Klima Consulting, commandé par l’ONG T&E (Transport & Environnement).
« Il conclut que les preuves scientifiques sont désormais suffisamment robustes. En évitant en partie la formation de ces traînées, on pourrait retarder de dix ans le réchauffement climatique lié à l’aviation » assure Jérôme du Boucher, directeur adjoint aviation de l’ONG basée à Bruxelles.
Lire aussi : Pourquoi la hausse des taxes du transport aérien est nécessaire à sa décarbonation
T&E réclame la mise en œuvre rapide de mesures
« En commençant les évitements en 2030, la contribution de l’aviation au réchauffement pourrait atteindre 0,08° C en 2025 plutôt qu’en 2040 » ajoute-t-il, en plaidant pour la mise en œuvre rapide de mesures.
Elles pourraient s’inscrire dans le cadre de la révision en cours du marché carbone européen par la Commission Européenne, à travers des quotas gratuits pour les compagnies aériennes qui s’engageraient sur le sujet.
Il rappelle toutefois que ces mesures d’évitement ne permettraient pas à elles seules de réduire l’impact climatique du secteur aérien. D’autres mesures sont « nécessaires, comme le développement de la filière de carburants de synthèse et la modération du trafic ».
Elles pourraient s’inscrire dans le cadre de la révision en cours du marché carbone européen par la Commission Européenne, à travers des quotas gratuits pour les compagnies aériennes qui s’engageraient sur le sujet.
Il rappelle toutefois que ces mesures d’évitement ne permettraient pas à elles seules de réduire l’impact climatique du secteur aérien. D’autres mesures sont « nécessaires, comme le développement de la filière de carburants de synthèse et la modération du trafic ».
Des traînées qui se forment dans les zones froides et humides
Sur le papier, il semble relativement facile d’intervenir, et pour un faible coût. Car ces traînées apparaissent principalement dans les zones froides et humides.
Elles se forment donc beaucoup en hiver, durant la nuit et en altitude élevée. C’est notamment le cas pour les vols transatlantiques, en première ligne. Encore faut-il des prévisions météorologiques toujours plus pointues pour identifier avec précision les zones concernées.
« 3% des vols génèrent 80% du réchauffement lié aux traînées de condensation. Cà nous arrange fortement. Il est compliqué de faire de l’évitement en bloc mais on peut le faire graduellement avec les vols qui ont le plus fort impact, notamment en hiver lorsque le trafic aérien est plus faible » ajoute Jérôme du Boucher.
Elles se forment donc beaucoup en hiver, durant la nuit et en altitude élevée. C’est notamment le cas pour les vols transatlantiques, en première ligne. Encore faut-il des prévisions météorologiques toujours plus pointues pour identifier avec précision les zones concernées.
« 3% des vols génèrent 80% du réchauffement lié aux traînées de condensation. Cà nous arrange fortement. Il est compliqué de faire de l’évitement en bloc mais on peut le faire graduellement avec les vols qui ont le plus fort impact, notamment en hiver lorsque le trafic aérien est plus faible » ajoute Jérôme du Boucher.
Des efforts coordonnés entre compagnies et contrôle aérien
Une modification des itinéraires (notamment leur altitude) ou des horaires de vols, pour éviter les zones favorisant ces traînées, nécessite toutefois des efforts pérennes et coordonnés entre Eurocontrol qui harmonise la navigation aérienne en Europe, les organismes de contrôle aérien et les compagnies.
Les transporteurs ont, par exemple, besoin d’intégrer un outil de prévision des trainées de condensation dans leur logiciel de planification de vol, de former les dispatchers qui établissent les plans de vols et les pilotes.
De son côté, le gestionnaire de réseau doit établir des règles et procédures pour une organisation harmonisée et éviter une congestion de l’espace aérien. Par ailleurs, les problèmes géopolitiques actuels peuvent complexifier la réorganisation des vols.
Les transporteurs ont, par exemple, besoin d’intégrer un outil de prévision des trainées de condensation dans leur logiciel de planification de vol, de former les dispatchers qui établissent les plans de vols et les pilotes.
De son côté, le gestionnaire de réseau doit établir des règles et procédures pour une organisation harmonisée et éviter une congestion de l’espace aérien. Par ailleurs, les problèmes géopolitiques actuels peuvent complexifier la réorganisation des vols.
Des contraintes opérationnelles à solutionner
Autant de contraintes qui exigent de réaliser des tests à grande échelle, en condition réelle, pour valider les résultats escomptés. Cet hiver, un essai sur l’espace aérien de l’Atlantique Nord sera réalisé par un consortium britannique.
Du 2 février au 12 avril, Air France a également réalisé un test portant sur 4 300 vols considérés comme parmi les plus impactants, identifiés à partir d’un ratio climatique et des gains potentiels. 3% de ces vols ont été reroutés.
« Il en résulte des contraintes opérationnelles. Descendre de quelques milliers de pieds pour contourner une zone a un impact réel sur la formation des traînées mais il faut éviter les vols yo-yo. Et cela se traduit par une consommation plus importante de carburant » témoigne Christophe Peiron, pilote de ligne chez Air France.
En clair, d’autres essais sont nécessaires à l’avenir. Une seconde étude commandée par T&E au cabinet to70 préconise une feuille de route opérationnelle pour les prochaines années.
Ainsi, dix à quinze essais à grande échelle d’ici 2029 réalisés par les compagnies et contrôles aériens, pour un coût estimé de 100 M€, permettraient de tester les outils et procédures avec l’objectif de généraliser une politique d’évitement des trainées dès 2032, d’abord durant les périodes de faible trafic…
Du 2 février au 12 avril, Air France a également réalisé un test portant sur 4 300 vols considérés comme parmi les plus impactants, identifiés à partir d’un ratio climatique et des gains potentiels. 3% de ces vols ont été reroutés.
« Il en résulte des contraintes opérationnelles. Descendre de quelques milliers de pieds pour contourner une zone a un impact réel sur la formation des traînées mais il faut éviter les vols yo-yo. Et cela se traduit par une consommation plus importante de carburant » témoigne Christophe Peiron, pilote de ligne chez Air France.
En clair, d’autres essais sont nécessaires à l’avenir. Une seconde étude commandée par T&E au cabinet to70 préconise une feuille de route opérationnelle pour les prochaines années.
Ainsi, dix à quinze essais à grande échelle d’ici 2029 réalisés par les compagnies et contrôles aériens, pour un coût estimé de 100 M€, permettraient de tester les outils et procédures avec l’objectif de généraliser une politique d’évitement des trainées dès 2032, d’abord durant les périodes de faible trafic…







Publié par Thierry Beaurepère 














