Les manifestations du 17 octobre 2026 ont donné lieu à des scènes de violences et de dégradations dans plusieurs villes françaises.
Incendies, commerces pillés, vitrines brisées, affrontements avec les forces de l’ordre.... Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale.
À quelques semaines des fêtes de fin d’année, période importante pour les séjours urbains et les déplacements touristiques, cette couverture médiatique soulève une question : ces images peuvent-elles affecter la perception de la France auprès des visiteurs étrangers et, à terme, leurs décisions de voyage ?
Incendies, commerces pillés, vitrines brisées, affrontements avec les forces de l’ordre.... Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale.
À quelques semaines des fêtes de fin d’année, période importante pour les séjours urbains et les déplacements touristiques, cette couverture médiatique soulève une question : ces images peuvent-elles affecter la perception de la France auprès des visiteurs étrangers et, à terme, leurs décisions de voyage ?
En France, un symbole touristique en flammes
Le symbole est particulièrement fort pour le secteur touristique.
Le Monde a ainsi inscrit l’incendie dans le récit d’une journée « chaotique », tandis qu'Euronews a diffusé une vidéo des flammes de la façade, et que TF1 Info insiste sur une antenne « saccagée et incendiée ».
Le quotidien suisse Le Temps revient lui aussi sur ces scènes, dans un article consacré à « une France confrontée à son propre chaos. »
Des angles, des mots différents, mais des images qui montrent la même chose : pas seulement des affrontements entre manifestants et policiers, mais des dégradations touchant directement des commerces, des espaces urbains... et des équipements liés à l’accueil touristique.
Dans un article du Parisien qui donne la parole à des touristes étrangers confrontés aux violences du week-end dans la capitale, le témoignage de ces visiteurs fait apparaître une autre dimension des événements. Au-delà des dégâts matériels, c’est l’expérience même du séjour qui peut être affectée, entre déplacements perturbés, visites compromises et inquiétude face aux scènes observées.
Sur les réseaux sociaux, un autre récit circule également avec une tendance intitulée : « Ce que les médias ne montreront pas ».
Aux vidéos de violences et de dégradations s’ajoutent des images d’entraide, de solidarité et de manifestations pacifiques. Ces contenus offrent une représentation plus nuancée de la situation et rappellent que les événements ne se résument pas aux scènes de chaos.
Cette diversité d’images pourrait contribuer à préserver la confiance des voyageurs français, qui représentent une part importante de la fréquentation touristique du pays. Selon l’Insee, en 2025, la clientèle résidente représentait environ 65% des nuitées dans les hôtels et les campings en France métropolitaine.
Mais, il reste une limite... Ces images d’entraide et de mobilisations pacifiques, bien que circulant largement sur les plateformes, ne bénéficient pas nécessairement de la même visibilité auprès des publics étrangers.
À l’étranger, le vocabulaire de la violence domine
Pour parler de ces émeutes, la presse internationale a choisi des titres plus durs.
En Allemagne, le média public Tagesschau titre « Schwere Ausschreitungen - Rathaus in Flammen », soit « Graves violences - une mairie en flammes ». Le vocabulaire insiste sur la gravité des affrontements et les bâtiments touchés.
Les images d’incendies et de dégradations placent la question du maintien de l’ordre au premier plan.
Dans le même registre, au Royaume-Uni, The Guardian décrit un « week-end de chaos ».
En Espagne, El País a choisi de titrer : « Francia prende fuego al macronismo », littéralement « La France met le feu au macronisme ». L'article ne se limite pas à décrire les dégâts, il leur donne une signification politique.
En Italie, le Corriere della Sera s’intéresse aux affrontements, aux incendies et aux dégradations. Le quotidien rapproche notamment les mobilisations étudiantes au retour des Gilets jaunes. Cette mise en perspective inscrit les événements dans une « période plus large de contestation sociale en France. »
Aux États-Unis, l’agence Associated Press met l’accent sur l'allocution du Président, l’ampleur des troubles et leurs conséquences économiques.
Mais, il met surtout l'accent sur la photographie. Et ici, la force des images tient à leur immédiateté. Des façades en flammes, des fumées noires, des commerces éventrés et des rues encombrées de débris sont compréhensibles sans connaissance préalable du contexte. Des images, sans les précisions nécessaires sur les lieux concernés, la durée des incidents et l’étendue réelle des zones touchées...
Pour une destination comme la France, dont l’attractivité repose notamment sur son patrimoine, ses centres-villes, ses commerces et son image de destination culturelle, ce traitement médiatique représente un risque.
En Allemagne, le média public Tagesschau titre « Schwere Ausschreitungen - Rathaus in Flammen », soit « Graves violences - une mairie en flammes ». Le vocabulaire insiste sur la gravité des affrontements et les bâtiments touchés.
Les images d’incendies et de dégradations placent la question du maintien de l’ordre au premier plan.
Dans le même registre, au Royaume-Uni, The Guardian décrit un « week-end de chaos ».
En Espagne, El País a choisi de titrer : « Francia prende fuego al macronismo », littéralement « La France met le feu au macronisme ». L'article ne se limite pas à décrire les dégâts, il leur donne une signification politique.
En Italie, le Corriere della Sera s’intéresse aux affrontements, aux incendies et aux dégradations. Le quotidien rapproche notamment les mobilisations étudiantes au retour des Gilets jaunes. Cette mise en perspective inscrit les événements dans une « période plus large de contestation sociale en France. »
Aux États-Unis, l’agence Associated Press met l’accent sur l'allocution du Président, l’ampleur des troubles et leurs conséquences économiques.
Mais, il met surtout l'accent sur la photographie. Et ici, la force des images tient à leur immédiateté. Des façades en flammes, des fumées noires, des commerces éventrés et des rues encombrées de débris sont compréhensibles sans connaissance préalable du contexte. Des images, sans les précisions nécessaires sur les lieux concernés, la durée des incidents et l’étendue réelle des zones touchées...
Pour une destination comme la France, dont l’attractivité repose notamment sur son patrimoine, ses centres-villes, ses commerces et son image de destination culturelle, ce traitement médiatique représente un risque.
« Depuis ce week-end et depuis ce matin, on observe des annulations »
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Les réactions ne se sont d'ailleurs pas fait attendre. Au-delà des titres et des images diffusés à l’international, des professionnels du tourisme font déjà état de messages d’inquiétude et de premières annulations.
Pierre-Jean Romatet, président de Great France, explique avoir reçu de nombreux messages, notamment de la part d’opérateurs américains. « Ils s’inquiètent d’abord pour nous - l’équipe, le personnel - et ensuite pour notre business et pour la sécurité en France, rapporte-t-il.
Tous les messages que j’ai reçus demandent d’abord des nouvelles de nos familles, de nous-mêmes, afin de savoir si on est en sécurité. » Pour lui, ces réactions témoignent de la façon dont les violences sont perçues à distance. « Ça donne vraiment l’impression de guerre civile, de guérilla urbaine », estime-t-il.
Les inquiétudes se traduisent déjà, selon lui, par des conséquences commerciales. « Depuis ce week-end et depuis ce matin (lundi 19 octobre, ndlr), on observe des annulations. » Il cite des séjours prévus à Paris, mais aussi en Champagne et en Provence. Il évoque également des visites au Louvre annulées, dans le contexte du blocage du musée.
Pierre-Jean Romatet relève toutefois « un paradoxe entre ce que les touristes et visiteurs ressentent quand ils sont sur place et l’image véhiculée par les médias, qui provoque des annulations et de l’inquiétude ».
Ce décalage entre ressenti et réalité est également au cœur des inquiétudes de Christelle Chassagne, présidente d'ADN Tourisme, qui alerte sur les conséquences de cette couverture médiatique sur l’image de la France à l’international. « Aujourd’hui, nous sommes dans un état de stupéfaction, mais aussi, on se rend bien compte que la couverture médiatique internationale va être catastrophique ».
Pour elle, la priorité est une réaction des pouvoirs publics : « Il faut maintenant agir. Il faut d’abord que l’État protège ses habitants, ses touristes », insiste-t-elle. « Sans ces conditions, on ne pourra pas travailler dans les meilleures conditions, que l’on soit hôtelier, restaurateur, vendeur de souvenirs, destination, promotion de destination... »
Car les autorités étrangères, elles, ont réagi aux événements.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a actualisé ses conseils aux voyageurs pour signaler les violences du 17 octobre et prévenir que de nouveaux débordements ne pouvaient être exclus. L’Italie a également publié une consigne spécifique appelant ses ressortissants à éviter les rassemblements et à faire preuve de prudence.
De son côté, l’ambassade de Chine en France a appelé les ressortissants chinois présents sur le territoire à « suivre de près l’évolution de la situation locale, renforcer les mesures de sécurité et éviter les zones de manifestation », selon la télévision d’État CCTV.
Pierre-Jean Romatet, président de Great France, explique avoir reçu de nombreux messages, notamment de la part d’opérateurs américains. « Ils s’inquiètent d’abord pour nous - l’équipe, le personnel - et ensuite pour notre business et pour la sécurité en France, rapporte-t-il.
Tous les messages que j’ai reçus demandent d’abord des nouvelles de nos familles, de nous-mêmes, afin de savoir si on est en sécurité. » Pour lui, ces réactions témoignent de la façon dont les violences sont perçues à distance. « Ça donne vraiment l’impression de guerre civile, de guérilla urbaine », estime-t-il.
Les inquiétudes se traduisent déjà, selon lui, par des conséquences commerciales. « Depuis ce week-end et depuis ce matin (lundi 19 octobre, ndlr), on observe des annulations. » Il cite des séjours prévus à Paris, mais aussi en Champagne et en Provence. Il évoque également des visites au Louvre annulées, dans le contexte du blocage du musée.
Pierre-Jean Romatet relève toutefois « un paradoxe entre ce que les touristes et visiteurs ressentent quand ils sont sur place et l’image véhiculée par les médias, qui provoque des annulations et de l’inquiétude ».
Ce décalage entre ressenti et réalité est également au cœur des inquiétudes de Christelle Chassagne, présidente d'ADN Tourisme, qui alerte sur les conséquences de cette couverture médiatique sur l’image de la France à l’international. « Aujourd’hui, nous sommes dans un état de stupéfaction, mais aussi, on se rend bien compte que la couverture médiatique internationale va être catastrophique ».
Pour elle, la priorité est une réaction des pouvoirs publics : « Il faut maintenant agir. Il faut d’abord que l’État protège ses habitants, ses touristes », insiste-t-elle. « Sans ces conditions, on ne pourra pas travailler dans les meilleures conditions, que l’on soit hôtelier, restaurateur, vendeur de souvenirs, destination, promotion de destination... »
Car les autorités étrangères, elles, ont réagi aux événements.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a actualisé ses conseils aux voyageurs pour signaler les violences du 17 octobre et prévenir que de nouveaux débordements ne pouvaient être exclus. L’Italie a également publié une consigne spécifique appelant ses ressortissants à éviter les rassemblements et à faire preuve de prudence.
De son côté, l’ambassade de Chine en France a appelé les ressortissants chinois présents sur le territoire à « suivre de près l’évolution de la situation locale, renforcer les mesures de sécurité et éviter les zones de manifestation », selon la télévision d’État CCTV.
À l’approche des fêtes, la crainte d’un scénario « Gilets jaunes »
Pour les professionnels du tourisme, le calendrier rend la situation particulièrement tendue.
Les violences surviennent à l’approche de la période des fêtes de fin d’année, après un été compliqué et un contexte géopolitique incertain. Certains opérateurs, comme Pierre-Jean Romatet, espéraient « prolonger leur activité grâce à une arrière-saison favorable. »
Christelle Chassagne partage cette inquiétude. Elle estime que les images des violences s’ajoutent à celles des incendies qui avaient marqué l’été et fragilisé l’activité de certaines destinations. « Quand vous avez vu l’été avec des incendies, des évacuations, etc., que là, maintenant, vous voyez le chaos dans les villes, vous pensez bien que ce n’est pas une simple campagne de réassurance qui va faire revenir nos touristes », lance-t-elle.
Les grandes manifestations des Gilets jaunes, en 2018, constituent un point de comparaison important pour les acteurs du tourisme aujourd’hui. Pour rappel, selon l’Insee, la fréquentation hôtelière avait reculé, cette année-là, de 1,2% en France métropolitaine sur un an, de 3% en Île-de-France et de 5,6% à Paris.
Au premier trimestre 2019, les nuitées hôtelières avaient diminué de 4,6% en Île-de-France. À Paris, le taux d’occupation des hôtels avait notamment chuté de 4,7 points en mars, une baisse que l’Insee estime probablement liée à la poursuite du mouvement social.
Si les violences du 17 octobre restent, pour l’heure, un épisode isolé, Pierre-Jean Romatet craint néanmoins qu’elles ne s’inscrivent dans la durée, comme le mouvement des Gilets jaunes. Car au-delà des événements eux-mêmes, c’est leur répétition qui risque de peser sur les réservations. « Après l’arrêt des événements, il faudra quelques semaines pour revoir les courbes de fréquentation augmenter. »
Les violences surviennent à l’approche de la période des fêtes de fin d’année, après un été compliqué et un contexte géopolitique incertain. Certains opérateurs, comme Pierre-Jean Romatet, espéraient « prolonger leur activité grâce à une arrière-saison favorable. »
Christelle Chassagne partage cette inquiétude. Elle estime que les images des violences s’ajoutent à celles des incendies qui avaient marqué l’été et fragilisé l’activité de certaines destinations. « Quand vous avez vu l’été avec des incendies, des évacuations, etc., que là, maintenant, vous voyez le chaos dans les villes, vous pensez bien que ce n’est pas une simple campagne de réassurance qui va faire revenir nos touristes », lance-t-elle.
Les grandes manifestations des Gilets jaunes, en 2018, constituent un point de comparaison important pour les acteurs du tourisme aujourd’hui. Pour rappel, selon l’Insee, la fréquentation hôtelière avait reculé, cette année-là, de 1,2% en France métropolitaine sur un an, de 3% en Île-de-France et de 5,6% à Paris.
Au premier trimestre 2019, les nuitées hôtelières avaient diminué de 4,6% en Île-de-France. À Paris, le taux d’occupation des hôtels avait notamment chuté de 4,7 points en mars, une baisse que l’Insee estime probablement liée à la poursuite du mouvement social.
Si les violences du 17 octobre restent, pour l’heure, un épisode isolé, Pierre-Jean Romatet craint néanmoins qu’elles ne s’inscrivent dans la durée, comme le mouvement des Gilets jaunes. Car au-delà des événements eux-mêmes, c’est leur répétition qui risque de peser sur les réservations. « Après l’arrêt des événements, il faudra quelques semaines pour revoir les courbes de fréquentation augmenter. »





















