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Budget : le gouvernement provoque l’indignation de l’industrie touristique !

Les professionnels du tourisme prévoient de se mobiliser


La grogne monte un peu partout à la lecture du projet de loi de finances 2027, le PLF 2027, à commencer par le tourisme. Le gouvernement prévoit d’effacer les deux tiers des réserves de l’Agence nationale pour les chèques-vacances, l’ANCV. Les professionnels de l’industrie touristique, notamment sociale, prévoient de se mobiliser pour faire retirer cette proposition du PLF 2027.


Rédigé par le Lundi 5 Octobre 2026 à 18:00

Ponctionner l'ANCV ? "C’est un comble pour fêter les 90 ans des congés payés !" - Depositphotos
Ponctionner l'ANCV ? "C’est un comble pour fêter les 90 ans des congés payés !" - Depositphotos
Sans surprise, le projet de loi de finances 2027 est très commenté dans la presse.

Les patrons, en tout genre, fustigent le fait que le gouvernement fasse peser sur les seules entreprises les hausses fiscales, tandis que les retraités se plaignent du gel de leurs pensions et que les EHPAD sont ulcérés par le budget, selon L’Opinion.

Le tourisme n’est pas non plus épargné par la grogne.

À la lecture du PLF 2027, voilà que l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) est concernée. Jusque-là, rien de dramatique. Sauf que l’examen du texte révèle une mesure qui fait déjà bondir les professionnels.

Comme l’explique l’article 50 du futur budget, la bonne dynamique des chèques-vacances émis par l’établissement public a permis à l’ANCV de se constituer des réserves significatives. Elle dispose d’une épargne de 183,8 millions d’euros fin 2025.

Et c'est celle-ci que veut s'arroger l’exécutif français.

ANCV : "C’est un comble pour fêter les 90 ans des congés payés !"

Alors que le volume d’émission commerciale nette de chèques-vacances tend à décroître, et donc les revenus de l’établissement avec lui, le gouvernement prévoit "d’opérer à titre exceptionnel un prélèvement sur la trésorerie de l’ANCV à hauteur de 125 millions d’euros en vue de remonter une part des excédents de l’établissement au budget général".

Le document rappelle malgré tout que, malgré la concurrence accrue dans le domaine des avantages aux salariés, l’agence conservera "des marges suffisantes pour garantir l’équilibre de son modèle économique".

A lire : France : voici le portrait-robot des non-partants en vacances !

Il faut l’espérer, puisque les deux tiers de son matelas changeront de main.

"Le modèle de l’ANCV est vertueux. C’est toujours la même histoire : on s’attaque aux plus fragiles.

Ce n’est pas en déshabillant l’ANCV que l’on comblera la dette. Il y a bien d’autres endroits où trouver de l’argent, encore faut-il en avoir le courage. C’est un comble pour fêter les 90 ans des congés payés. La ponction représente 68% des réserves.

Affaiblir un outil de solidarité qui fonctionne, ce n’est pas une économie. C’est un choix politique,
", affirme Mebarek Karar, délégué général de Vacances et Familles.

Pour rappel, le financement des chèques-vacances repose pour moitié sur la participation de l’entreprise et, pour l’autre moitié, sur celle du salarié. L’État n’intervient donc pas dans le financement du principal dispositif incitatif au départ en vacances dans notre pays.

Une réalité d’autant plus sensible que, depuis les années 80, le taux de départ en vacances stagne en France, dans des proportions bien plus importantes que chez nos voisins.

Ce qui fait dire à Mebarek Karar que "nous ne pouvons pas être la première destination touristique du monde et laisser de côté les Français qui ne partent pas. Le signal envoyé ne va pas dans la bonne direction."

Budget : baisse de la TSBA sur certaines lignes

Déjà l’année passée, le gouvernement avait imaginé ponctionner les excédents de trésorerie générés par la Taxe sur les nuisances sonores aériennes, la TNSA.

Il souhaitait récupérer 110 millions d’euros
, prétextant des demandes d’indemnisation au ralenti.

Une mesure qui avait passé toutes les étapes législatives et prévoyait de récupérer toutes les sommes dès lors que "le solde constaté au 31 décembre 2025 excède le montant de quarante-cinq millions d’euros".

Et si les associations de riverains avaient protesté contre cette mesure, les professionnels du tourisme prévoient d’en faire de même.

Une mobilisation des acteurs du tourisme social devrait avoir lieu, en alertant les députés et les sénateurs, mais aussi en apostrophant Serge Papin sur le sujet.

En parlant de choix politiques, le gouvernement propose également de baisser la fiscalité sur certains billets d’avion.

Souvenez-vous, en septembre 2024, Michel Barnier proposait de tripler le montant de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, la TSBA. Un projet dont il ne verra pas l’aboutissement, en raison du renversement de son gouvernement, mais qui aura bien lieu malgré tout.

A lire : Projet de loi de finances : le gouvernement va taxer (indirectement) le kérosène !

Deux ans plus tard, Sébastien Lecornu souhaite, lui, baisser cette fiscalité sur quelques routes. Il prévoit donc de fixer le tarif à 2,63 euros sur toutes les routes ayant "une obligation de service public ou exploitées dans le cadre d’une DSP liée à la continuité territoriale", explique le PLF 2027.

Le montant actuel est de 7,43 euros.

De plus, les résidents ultramarins qui se rendront en métropole se verront appliquer le même montant réduit.

TSBA : l’aéroport de Strasbourg exempté !

De plus, un aéroport en France sera exempté de TSBA sur toutes les lignes qui desservent une "destination européenne ou assimilée".

Il s'agit de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, qui obtient donc la suspension de l’application de la taxe pour tous les vols intérieurs et intracommunautaires, en raison de la forte concurrence des infrastructures européennes voisines, notamment en Allemagne.

Pour finir, le gouvernement a décidé de raboter l’avantage fiscal lié à l’amortissement pour les propriétaires qui louent en meublé touristique.

Ainsi, les propriétaires pourront bénéficier d’un amortissement sur les locations meublées classiques de 2,5% de la valeur du bien, avec un plafond de 7 000 euros par an. Pour les meublés de tourisme, le traitement serait encore moins favorable, avec un amortissement de seulement 1,5% et un plafond de 5 000 euros par an.

Cela rendra encore moins avantageuse la location touristique. L’objectif du gouvernement est de gommer les déséquilibres sur le marché locatif, notamment sur les biens mis en location sur Airbnb et consorts.


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