Des milliers dâagriculteurs partout dans le monde ont intĂ©grĂ© Ă leur emploi du temps, les activitĂ©s liĂ©es au tourisme, Ă©paulĂ©s par les chambres dâagriculture, conseils dĂ©partementaux, rĂ©gionaux, des ONG, des ministĂšres⊠- Depositphotos.com Auteur AlexGukBO
⊠Porte de Versailles Ă Paris, le Salon de l'agriculture a donc ouvert ses portes et nâa pas fait fĂȘte au prĂ©sident de la rĂ©publique. Un peu partout en France, les cortĂšges de tracteurs ont repris les chemins de la contestation.
Reposant fermement les problĂšmes subis par le monde agricole, les paysans en colĂšre veulent se faire entendre et en finir avec les injonctions contradictoires : celles de lâUnion EuropĂ©enne dâun cĂŽtĂ© et de la France de lâautre, celles des Ă©cologistes dâune part et des agriculteurs conventionnels de lâautre.
Il est vrai quâen dĂ©pit de la cause agricole commune Ă dĂ©fendre, la vie des campagnes dans son ensemble nâest pas de tout repos.
Y compris dans sa version touristique de plus en plus dynamique mais porteuse elle aussi de quelques conflits. Que sâest-il passĂ© ?
Reposant fermement les problĂšmes subis par le monde agricole, les paysans en colĂšre veulent se faire entendre et en finir avec les injonctions contradictoires : celles de lâUnion EuropĂ©enne dâun cĂŽtĂ© et de la France de lâautre, celles des Ă©cologistes dâune part et des agriculteurs conventionnels de lâautre.
Il est vrai quâen dĂ©pit de la cause agricole commune Ă dĂ©fendre, la vie des campagnes dans son ensemble nâest pas de tout repos.
Y compris dans sa version touristique de plus en plus dynamique mais porteuse elle aussi de quelques conflits. Que sâest-il passĂ© ?
La naissance du « tourisme vert »
Notamment, grĂące aux rĂ©sidences dites secondaires et grĂące Ă des rĂ©seaux comme Bienvenue Ă la ferme, Accueil paysans ou les GĂźtes de France. NĂ©s dans les Alpes du sud, la Savoie, lâAuvergne compenser lâactivitĂ© agricole dĂ©faillante, les GĂźtes dont les premiers hĂ©bergements ouverts en 1951 donneront naissance Ă la FĂ©dĂ©ration nationale des GĂźtes de France en 1955, ont trĂšs tĂŽt donnĂ© lâexemple dâun modĂšle dâhabitat touristique respectant Ă la fois les paysages, lâenvironnement, les ressources et une population.
Et cela, grĂące au dynamisme, la crĂ©ativitĂ© et lâingĂ©niositĂ© de paysans, Ă©lus et fonctionnaires Ćuvrant ensemble pour survivre dans un milieu difficile oĂč lâhĂŽtellerie avait Ă©tĂ© ravagĂ©e alors mĂȘme que les premiĂšres vagues de vacanciers raffolaient des atouts de nos campagnes : son espace, ses paysages, son patrimoine, ses traditions, son air pur et ce contact avec la nature dĂ©jĂ fort recherchĂ© et apprĂ©ciĂ©âŠ
Quelque 70 ans plus tard, des milliers dâagriculteurs partout dans le monde ont intĂ©grĂ© Ă leur emploi du temps, les activitĂ©s liĂ©es au tourisme, Ă©paulĂ©s par les chambres dâagriculture, conseils dĂ©partementaux, rĂ©gionaux, des ONG, des ministĂšresâŠ
TransformĂ©s en hĂŽteliers, ils ont contribuĂ© Ă faire du territoire rural un espace touristique hospitalier, animĂ©, dĂ©paysant tout en offrant des loisirs adaptĂ©s Ă tous les goĂ»tsâŠ
On ne parlera donc plus dĂ©sormais de « tourisme rural. », une terminologie un brin technocratique et dĂ©suĂšte et lâon dĂ©veloppera un « tourisme vert » tellement plus vendeur, que les nĂ©o ruraux attirĂ©s par la qualitĂ© de vie de nos campagnes abonderont en proposant Ă leur tour des hĂ©bergements de plus en plus haut de gamme ainsi que quelques tiers-lieux et autres espaces originaux combinant les fonctions de musĂ©es, parcs animaliers, terrains dâaccro branchesâŠ
Peu Ă peu, certaines rĂ©gions mieux dotĂ©es que dâautres comme le LubĂ©ron ou le PĂ©rigord noir vont ainsi se « gentrifier ». Parfois Ă lâexcĂšs, provoquant une rivalitĂ© commerciale mais aussi les premiers conflits avec la population locale dont les coqs sont attaquĂ©s parce quâils chantent trop tĂŽt le matin alors que les cloches des Ă©glises font lâobjet de ridicules plaintes et que les effluves de certains Ă©levages sâoffrent Ă la vindicte populaire Ă cause des Ă©manations de pesticides rĂ©pandus en abondance sur les vignobles ou les champs de blĂ©âŠ
Les tensions sâintensifient
EcartelĂ©s entre les intĂ©rĂȘts de plusieurs catĂ©gories de population, les territoires ruraux subissent par ailleurs et irrĂ©mĂ©diablement trois autres peines : la fermeture des Ă©coles, des hĂŽpitaux, des banques⊠qui poussent mĂȘme quelques nĂ©o ruraux, jeunes et tĂ©lĂ©travailleurs Ă plier bagage et Ă rejoindre des villes moyennes, plus faciles Ă vivre.
Les nuisances liĂ©es au dĂ©rĂšglement climatique notamment la sĂ©cheresse et les inondations. Sans compter dans certaines rĂ©gions, les pollutions liĂ©es au « sur tourisme » ainsi que toutes les nuisances liĂ©es par les agriculteurs Ă lâusage des pesticides et autres fongicides dĂ©truisant les sols et lâair.
Le hiatus entre une campagne idĂ©alisĂ©e et une campagne rĂ©elle est donc complet. Entre une campagne qui fait les brochures touristiques et celle qui produit des lĂ©gumes, des fruits, du lait, de la viande Ă grand peine, Ă©crasĂ©e par des rĂ©glementations et la concurrence des pays voisins, les tensions sâexacerbent dâautant plus que lâopinion considĂšre que la campagne doit ĂȘtre en adĂ©quation avec le dĂ©veloppement durable et prĂ©server ses Ă©co systĂšmes !
Les nuisances liĂ©es au dĂ©rĂšglement climatique notamment la sĂ©cheresse et les inondations. Sans compter dans certaines rĂ©gions, les pollutions liĂ©es au « sur tourisme » ainsi que toutes les nuisances liĂ©es par les agriculteurs Ă lâusage des pesticides et autres fongicides dĂ©truisant les sols et lâair.
Le hiatus entre une campagne idĂ©alisĂ©e et une campagne rĂ©elle est donc complet. Entre une campagne qui fait les brochures touristiques et celle qui produit des lĂ©gumes, des fruits, du lait, de la viande Ă grand peine, Ă©crasĂ©e par des rĂ©glementations et la concurrence des pays voisins, les tensions sâexacerbent dâautant plus que lâopinion considĂšre que la campagne doit ĂȘtre en adĂ©quation avec le dĂ©veloppement durable et prĂ©server ses Ă©co systĂšmes !
Les paysans sauveront-ils la campagne ?
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Et, câest malheureusement bien ainsi quâil faut voir la campagne dâaujourdâhui et de demain. Il faut la voir comme un territoire rĂ©solument mixte oĂč se cohabitent des populations dont les intĂ©rĂȘts doivent ĂȘtre respectĂ©s, malgrĂ© leurs divergences.
Mais, oĂč, in fine il serait logique de donner lâavantage Ă ceux qui y travaillent car ce sont ceux qui nous nourrissent et ne peuvent pas ĂȘtre remplacĂ©s par des organisateurs de stages de permaculture ou de yoga, confortablement installĂ©s dans des gĂźtes et chambres dâhĂŽtes.
Dans un excellent plaidoyer, la gĂ©ographe Sylvie Brunel est dâailleurs de cet avis. Selon elle qui a par ailleurs Ă©tĂ© prĂ©sidente dâAction contre la faim : le monde a besoin de ses paysans pour nourrir lâhumanitĂ© toute entiĂšre.
Et mieux, les touristes ont besoin des paysans car ce sont eux qui entretiennent nos campagnes, ses paysages, ses chemins, sa diversitĂ© vĂ©gĂ©tale et animale et plus que tout autre des traditions indispensables Ă notre rĂ©putation touristique, surtout quand celles-ci diffusent dans nos assiettes dâexcellentes charcuteries, lĂ©gumes et fruits.
Alors que faire ? Pour combattre les menaces et les contradictions qui plus que sur dâautres territoires touristiques risquent de provoquer des crises, ne faut-il donc pas repenser et rĂ©inventer cette immense partie de notre pays et notre tourisme plus vulnĂ©rable quâil y parait ?
Mais, oĂč, in fine il serait logique de donner lâavantage Ă ceux qui y travaillent car ce sont ceux qui nous nourrissent et ne peuvent pas ĂȘtre remplacĂ©s par des organisateurs de stages de permaculture ou de yoga, confortablement installĂ©s dans des gĂźtes et chambres dâhĂŽtes.
Dans un excellent plaidoyer, la gĂ©ographe Sylvie Brunel est dâailleurs de cet avis. Selon elle qui a par ailleurs Ă©tĂ© prĂ©sidente dâAction contre la faim : le monde a besoin de ses paysans pour nourrir lâhumanitĂ© toute entiĂšre.
Et mieux, les touristes ont besoin des paysans car ce sont eux qui entretiennent nos campagnes, ses paysages, ses chemins, sa diversitĂ© vĂ©gĂ©tale et animale et plus que tout autre des traditions indispensables Ă notre rĂ©putation touristique, surtout quand celles-ci diffusent dans nos assiettes dâexcellentes charcuteries, lĂ©gumes et fruits.
Alors que faire ? Pour combattre les menaces et les contradictions qui plus que sur dâautres territoires touristiques risquent de provoquer des crises, ne faut-il donc pas repenser et rĂ©inventer cette immense partie de notre pays et notre tourisme plus vulnĂ©rable quâil y parait ?
Journaliste, consultante, confĂ©renciĂšre, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin dâen analyser les consĂ©quences sur le secteur du tourisme.
AprĂšs avoir dĂ©veloppĂ© pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de lâactualitĂ© oĂč elle dĂ©code le prĂ©sent pour prĂ©voir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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