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A Paris, les expositions de l'automne devraient soutenir la fréquentation touristique

Mary Cassatt, Cezanne, Monet, Zurbarán, Le Tintoret, Bartholdi...


Les expositions programmées à Paris cet automne devraient, une fois encore, attirer plusieurs centaines de millions de visiteurs. Un atout pour l'économie de la capitale, comme le montre le succès des récentes expositions dédiées à Renoir et à Matisse.


Rédigé par le Mercredi 7 Octobre 2026 à 16:25

Trois œuvres de Mary Cassatt exposées à Orsay : mère allaitant son enfant (à g.), Femme dans une loge (à d.), et Jeune fille au banjo, une œuvre achetée pour enrichir les collections nationales à l'occasion de la rétrospective (au milieu) - Photos prises par PB à Orsay, composition générée par IA
Trois œuvres de Mary Cassatt exposées à Orsay : mère allaitant son enfant (à g.), Femme dans une loge (à d.), et Jeune fille au banjo, une œuvre achetée pour enrichir les collections nationales à l'occasion de la rétrospective (au milieu) - Photos prises par PB à Orsay, composition générée par IA
C'est une rétrospective inédite que présente, jusqu'au 31 janvier 2027, le musée d'Orsay à Paris.

Réalisée en collaboration avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, elle montre l'étendue du talent d'une peintre peu connue du grand public français, l'Américaine Mary Cassatt.

Jusqu'ici, les musées nationaux français n'avaient jamais consacré d'expositions majeures à cette importante figure du mouvement impressionniste qui, amie de Manet, Berthe Morisot, Edgar Degas, a pourtant vécu six décennies en France.

Organisée à l'occasion du centième anniversaire de sa mort, l'exposition du Musée d'Orsay comprend plus de 80 tableaux, estampes et pastels, issus de collections européennes et américaines.

C'est un portrait attachant de cette artiste qui en ressort. Mary Cassatt avait érigé l'indépendance en principe directeur de sa vie. Dans un milieu alors très largement masculin, elle parvint à s'imposer comme peintre professionnelle. Et à vivre de son art.

Ses représentations de jeunes femmes élégantes, évoluant en société, recevant chez elles ou se divertissant au théâtre, sont délicates. Emouvantes, ses peintures de "mères à l'enfant" - son thème de prédilection -, dégagent "un sens tout à fait étonnant de la vie en mouvement".

Elles reflètent aussi une "tendre intimité" que Cassatt n'a pourtant pas connu personnellement : alors qu'à son époque, la vie des femmes restait largement régie par les conventions et les préjugés, elle est restée célibataire, se consacrant exclusivement à sa carrière.

Liée aux élites américaines par sa naissance, Mary Cassat a également joué un rôle pionnier d'intermédiaire auprès de collectionneurs américains pour leur faire connaître l'avant-garde française d'alors. Cette femme moderne, engagée, a aussi participé activement au combat en faveur de l'octroi du droit de vote aux femmes.

Cézanne, l'autre expo-événement de l'automne

Outre la découverte de cette artiste américaine, le musée d'Orsay consacre, jusqu'au 31 janvier 2027, une exposition - ainsi qu’une expérience immersive en réalité virtuelle - à Auguste Bartholdi, figure majeure de la sculpture française du XIXe siècle, surtout connu du grand public pour sa Statue de la Liberté.

Emblématique des idéaux de son époque, cette œuvre gigantesque, installée dans le port de New York depuis 1886, fait, depuis, figure de symbole majeur et universel.

Par ailleurs, le Grand Palais organise une exposition-événement "Cézanne et nous" qui retrace, avec près de 180 œuvres, la manière dont le travail du peintre d'Aix-en-Provence (1839-1906) a été découvert, interprété et transformé, de la fin du 19e siècle à aujourd’hui.

Citons encore, au Louvre, l'exposition consacrée à l'important peintre du XVIIe siècles espagnol Francisco de Zurbarán (jusqu'au 25 janvier 2027), l'exposition "Eternel Tintoret" au musée Jacquemart-André, l'exposition "Premières Nations" au musée du quai Branly (jusqu'au 10 janvier 2027) ou encore, au Petit Palais, l'exposition "Bruxelles 1900" qui offrira une plongée dans la scène artistique de la capitale belge au tournant du XXe siècle et à la Belle Époque, soulignant son rôle de grand foyer de la modernité européenne.

Enfin, deux expositions continuent à marquer le centenaire de la mort de Monet : "Monet, peindre le temps" au Musée de l'Orangerie (jusqu'au 25 janvier 2027) et "Histoires de paysages De Monet à Hockney", au Musée Marmottan, également jusqu'en janvier prochain.

Lire aussi : Balade dans la vallée de la Seine, sur les pas de Claude Monet

Outre le public parisien et provincial, ces expositions - tout particulièrement celles autour de Monet et la rétrospective Cassatt - sont susceptibles d'attirer une large clientèle étrangère, y compris américaine.

Cela ne fait même guère de doute si l'on se souvient qu'entre mars et juillet de cette année, l'exposition "Renoir et l'amour. La modernité heureuse" a attiré 644 855 visiteurs au Musée d'Orsay. Et l'exposition "Matisse", 567 188 visiteurs, au Grand Palais.

Pendant l'été, baisse de fréquentation et de recettes des musées

Les musées et leurs collections permanentes sont un atout pour l'industrie touristique parisienne - DepositPhotos.com, AndreyKr
Les musées et leurs collections permanentes sont un atout pour l'industrie touristique parisienne - DepositPhotos.com, AndreyKr
Tout comme ces expositions événementielles, les musées et leurs collections permanentes sont un atout pour l'industrie touristique parisienne.

A moins que ce ne soit l'excellente dynamique touristique de Paris (+8,3% sur un an en mai 2026) qui alimente directement les files d'attente des expositions et des musées.

Cependant, l'été dernier, les vagues de chaleur à répétition ont pesé sur la fréquentation des musées parisiens. En effet, le Louvre a dû procéder à 11 fermetures dès 16h lors des pics de chaleur en juin et juillet 2026, d'où l'annulation de 60 000 billets, une baisse de sa fréquentation 9% par rapport à l'été 2025 et des pertes de recettes chiffrées à 1 million d'euros.

Le Louvre n'est évidemment pas un cas à part. D'autres musées et lieux culturels parisiens et jusqu'au château de Versailles, ont également dû adapter leurs horaires, fermer temporairement certains espaces ou réduit leurs activités lors des pics de chaleur, enregistrant par contrecoup chute de la fréquentation et pertes financières sur la saison.

Cependant, cet impact négatif a été absorbé par d'autres périodes, si bien que la fréquentation annuelle globale ne devrait pas s'effondrer.

Selon Paris je t'aime, le nombre total de touristes dans le Grand Paris est resté stable par rapport à 2025 (6,4 millions de visiteurs). En effet, pendant l'été, les visiteurs ont surtout changé leurs habitudes, délaissant les musées pour chercher la fraîcheur en extérieur.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Journaliste LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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Tags : paris
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